Les plaisirs terrestres

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barbarella

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19 Octobre 2001
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Le vin

Longtemps, dans l'atmosphère humide des caveaux
Sous la voûte profonde et de nitre imprégnée !
Sous la poussière et sous les toiles d'araignée
Le jeune vin vieillit dans des flacons nouveaux.
Il faut que dans le calme et l'ombre des tombeaux
La sublime liqueur dure plus d'une année,
Avant que d'accomplir la noble destinée
D'exalter un instant nos coeurs et nos cerveaux.
Ainsi, Chaze, il en est de la pensée humaine,
C'est par un très secret et très lent phénomène
Qu'elle se plie enfin au rythme harmonieux.
Un doux sonnet mûrit comme un bordeaux suave
Et tu fais bien, ami, qui né dans une cave,
De lire des beaux vers en buvant tes vins vieux.

François Coppée


si vous en connaissez d'autres n'hésitez pas

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je ne sais s'il s'agit d'un plaisir terrestre mais c'est de la même veine (on n'y parle pas de vin mais d'eau) :

Le vase où meurt cette vervaine
D'un coup d'éventail fut fêlé ;
Le coup dut l'effleurer à peine,
Aucun bruit ne l'a révélé.

Mais la légère meurtrissure,
Mordant le cristal chaque jour,
D'une marche invisible et sûre
En a fait lentement le tour.

Son eau fraîche a fui goutte à goutte,
Le suc des fleurs s'est épuisé ;
Personne encore ne s'en doute,
N'y touchez pas, il est brisé.

Souvent aussi la main qu'on aime
Effleurant le coeur, le meurtrit ;
Puis le coeur se fend de lui-même,
La fleur de son amour périt ;

Toujours intact aux yeux du monde,
Il sent croître et pleurer tout bas
Sa blessure fine et profonde :
Il est brisé, n'y touchez pas.

Sully Prudhomme

savez-vous qui est l'ami dans le poeme de françois copée?
 
tractopel a dit:
je ne sais s'il s'agit d'un plaisir terrestre mais c'est de la même veine (on n'y parle pas de vin mais d'eau) :


Sully Prudhomme

L'est pas gai ce poème
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barbarella a dit:
L'est pas gai ce poème
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c'est vrai, mais j'ai beaucoup aimé ce passage:

"Souvent aussi la main qu'on aime
Effleurant le coeur, le meurtrit ;
Puis le coeur se fend de lui-même,
La fleur de son amour périt ;

Toujours intact aux yeux du monde,
Il sent croître et pleurer tout bas
Sa blessure fine et profonde :
Il est brisé, n'y touchez pas"

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euh...

L'une avait quinze ans, l'autre en avait seize ;
Toutes deux dormaient dans la même chambre
C'était par un soir très lourd de septembre
Frêles, des yeux bleus, des rougeurs de fraise.

Chacune a quitté, pour se mettre à l'aise,
La fine chemise au frais parfum d'ambre,
La plus jeune étend les bras, et se cambre,
Et sa soeur, les mains sur ses seins, la baise,

Puis tombe à genoux, puis devient farouche
Et tumultueuse et folle, et sa bouche
Plonge sous l'or blond, dans les ombres grises ;

Et l'enfant, pendant ce temps-là, recense
Sur ses doigts mignons des valses promises.
Et, rose, sourit avec innocence.


Paul Verlaine

ça va, ça ?
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Vieux Raleur a dit:
c'est vrai, mais j'ai beaucoup aimé ce passage:

"Souvent aussi la main qu'on aime
Effleurant le coeur, le meurtrit ;
Puis le coeur se fend de lui-même,
La fleur de son amour périt ;

Toujours intact aux yeux du monde,
Il sent croître et pleurer tout bas
Sa blessure fine et profonde :
Il est brisé, n'y touchez pas"

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alèm a dit:
euh...

L'une avait quinze ans, l'autre en avait seize ;
Toutes deux dormaient dans la même chambre
C'était par un soir très lourd de septembre
Frêles, des yeux bleus, des rougeurs de fraise.

Chacune a quitté, pour se mettre à l'aise,
La fine chemise au frais parfum d'ambre,
La plus jeune étend les bras, et se cambre,
Et sa soeur, les mains sur ses seins, la baise,

Puis tombe à genoux, puis devient farouche
Et tumultueuse et folle, et sa bouche
Plonge sous l'or blond, dans les ombres grises ;

Et l'enfant, pendant ce temps-là, recense
Sur ses doigts mignons des valses promises.
Et, rose, sourit avec innocence.


Paul Verlaine

ça va, ça ?
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Ah, si c'est Verlaine !!!
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Waking, he stared raptly at her face
On his lips, her smell, her taste
Black hair framing her perfect face
With her wonderful mind and her incredible grace

And so, he woke, he woke her with a start
To offer her his heart
For once and for all, forever to keep
And the words, that she first heard him speak
Were really very sweet
He was asking her to marry him, and to

Think it over
Baby, think it over
Think it over
Baby, why don't you think it over

She said, somewhere, there's a faraway place
Where all is ordered and all is grace
No one there is ever disgraced
And everyone there is wise and everyone has taste

And then she sighed, well la-dee-dah-dee-dah
You and i have come quite far
And we really must watch what we say
Because when you ask for someone's heart
You must know that you're smart
Smart enough to care for it, so i'm gonna

Think it over
Baby, think it over
Think it over
Baby, i'm gonna think it over


Think it over

Certaines chansons de Lou Reed sont simplement des chef d'oeuvres. Aussi et surtout quand il faisait encore partie du Velvet Underground
 
LE GIGOT

Quand le gigot paraît au milieu de la table,
Fleurant l'ail, et couché sur un lit respectable
De joyeux haricots,
L'on se sent beaucoup mieux, un charme vous pénètre,
Tout un chacun voyant son appétit renaître,
Aiguise ses chicots.

On avait bien mangé mille riens-d'oeuvre et autre
Mais... quel sera le rôt? ...songeait le bon apôtre
De convive anxieux.
Bravo! c'est un gigot! Une servante brave
Vient d'entrer, dans ses bras portant, robuste et grave,
Ce fardeau précieux.

Alors, l'amphitryon, le père de famille
Se demande, tandis que son oeil le fusille:
Sera-t-il cuit à point?
Il l'est—n'en doutez pas, et chacun le proclame,
Dès qu'il a vu plonger une invincible lame
Dans son doré pourpoint.

Son sang de tous côtés ruisselle en filets roses.
Sa chair est admirable, et ferait honte aux roses.
Le plus indifférent
Des convives, muet tout à l'heure et morose,
S'épanouit, du coup, débite mainte prose,
Devient même encombrant.

I1 ne faut bien souvent qu'une soupe ratée,
Pour que, dès le début, soit la verve arrêtée
Chez les plus beaux esprits;
Le gigot vient, voici que la gaîté s'échappe.
On rit, on cause... l'un demande 1"oeil du pape"
Et l'autre, la "souris".

L'un voudrait du «saignant», l'autre du «cuit», problème
Qui n'est pas difficile à résoudre. Un troisième
Hésite entre les deux...
Le propre d'un gigot, cuit selon le principe,
Étant de satisfaire au goût de chaque type,
Serait-il hasardeux.

Quelquefois on cause Art, Science, Politique.
La conversation prend un tour emphatique,
Qui n'est pas sans danger...
Arrive le gigot...adieu les grandes phrases!
Chacun à son voisin dit: assez... tu me rases!
Parlons donc de manger.

Vous êtes, ô gigot! le plat de résistance,
Le morceau de haut goût, la viande d'importance,
Sur quoi rien ne prévaut.
Une côte de boeuf n'est pas pour me déplaire,
Tout de même c'est encor vous que je préfère,
Et je le dis bien haut.

Votre chair est savante. En la verte prairie,
Vous ne deviez brouter que des fleurs, je parie,
Dédaigneux des chiendents;
Vous êtes tendres plus qu'une jeune épousée,
Gigots d'agneaux! argile idéale, et rosce
Qui fondez sous nos dents.

Lorsque vous gambadiez aux profondes vallées,
Sur les montagnes ou dans les plaines salées,
Ignorant les bouchers,
Vous étiez des «Jésus», que la grâce décore;
Mais vous êtes bien plus attendrissants encore
Sur des «fayots» couchés.

Aussi, vous mange-t-on par pure gourmandise,
Et machinalement, comme une friandise,
Sans mesure, sans fin,
Car, ainsi que l'a dit un docteur en Sorbonne:
Vit-on jamais gigot faire mal à personne?
I1 se mange sans faim.
 
Il y a aussi des plaisirs terrestres masochistes. Le tout est de savoir jusqu'où il est possible d'appeller ca 'plaisir'.

Out amongst the walking wounded, every face on every bus
Is you and me and him and her and nothing can replace the us I knew
Nothing can replace the us I knew

And no, I'm never gonna let you go
And now I know I had a choice though you never made it clear to me
I thought you never felt it deeply
Now I'm never gonna let you go
'Cause I could have loved you forever

What do you want from me, are you trying to punish me
Punish me for loving you, punish me for giving to you
Punish me for nothing I do, punish me for nothing
You punish me for nothing, for nothing

I'm out amongst the walking wounded, every face on every bus
Is you and me and him and her and nothing can replace the us I knew
Nothing can replace the us I knew

And now I know I had a choice though you never made it clear to me
I thought you never felt it deeply
Now I'm never gonna let you go
'Cause I could have loved you forever
Oh I could have loved you forever

What do you want from me, are you trying to punish me
Punish me for loving you, punish me for giving to you
Punish me for nothing I do, punish me for nothing
You punish me for nothing, for nothing

Out amongst the walking wounded, every face on every bus
Is you and me and him and her and nothing can replace the us I knew
Nothing can replace the us I knew
Out amongst the walking wounded, every face on every train
Is you and me and him and her, some days I think I could go insane
Some days I think I could go insane.


Everything but the girl.
 
Ou ca...

It's a lot
It's a lot like life

There's a new game
We like to play you see
A game with added reality
You treat me like a dog
Get me down on my knees


We call it master and servant
We call it master and servant


It's a lot like life
This play between the sheets
With you on top and me underneath
Forget all about equality


Let's play master and servant
Let's play master and servant


It's a lot like life
And that's what's appealing
If you despise that throwaway feeling
From disposable fun
Then this is the one


Domination's the name of the game
In bed or in life
They're both just the same
Except in one you're fulfilled
At the end of the day


Let's play master and servant
Let's play master and servant
Master and Servant


It's a lot like life


It's a lot like life
And that's what's appealing
If you despise that throwaway feeling
From disposable fun
Then this is the one


Let's play master and servant
Come on master and servant

Depeche Mode
 
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Réactions: supermoquette
Certes, il est parfois plus aisé de s'exprimer en une langue étrangère, n'y a t-il dans ce bar que des anglicistes distingués ? Pensons à ceux qui ont grandit à l'ombre de la langue de Voltaire et partageons avec eux tous ces plaisirs terrestres
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barbarella a dit:
LE GIGOT



Aussi, vous mange-t-on par pure gourmandise,
Et machinalement, comme une friandise,
Sans mesure, sans fin,
Car, ainsi que l'a dit un docteur en Sorbonne:
Vit-on jamais gigot faire mal à personne?
I1 se mange sans faim.


Il se mange sans faim?

Il se mange sans fin
si on est 2 clampins !

pour manger un gigot
faut bien 4 rigolos..

ressers-moi des fayots
jusqu'à tire-larigot

et remplis mon godet
après, on va chanter,

jusque tard dans la nuit
on fera bien du bruit

c'est bon par où ça passe,
remets m'en une tasse

quand j'en serai bin bourré
je danserai la bourrée

avec barbarella
serrée entre mes bras..

elle dira oulala
ça tourne trop, mon gars

et vive le gigot
flanqué de ses fayots

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barbarella a dit:
Certes, il est parfois plus aisé de s'exprimer en une langue étrangère, n'y a t-il dans ce bar que des anglicistes distingués ? Pensons à ceux qui ont grandit à l'ombre de la langue de Voltaire et partageons avec eux tous ces plaisirs terrestres

Le plaisir n'a pas de langue(s)... quoique.... Si, souvent. Toujours, je veux dire.
 
Amok a dit:
Le plaisir n'a pas de langue(s)... quoique.... Si, souvent. Toujours, je veux dire.

je vais peut-etre dire une connerie qui fache :le plaisir ça se prend à 2 (en principe) et il n'est pas forcément necessaire de se comprendre, alors qu'importe la langue.
en revanche quand on discute, autant parler la même langue, ça aide bien.
excusez d'avoir osé dire en français ce que j'ai pensé dans ma tête et dans ma langue maternelle.
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Mais, je crois que là nous nous fourvoyons, quand je parlais de plaisirs terrestres, je voulais dire, plaisir de boire un bon vin entre amis, plaisir de partager un bon rôti, quant aux plaisirs qui ne se partagent qu'à deux il me semblent déplacé d'en parler dans un bar
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barbarella a dit:

non pas lui.. je le connais celui-là c'est le roi des ivrognes.
je veux parler de celui à qui monsieur copée s'adresse dans son poeme, le Chaze, c'est qui cet homme?

et puis pendant qu'on y est : c'est quoi le code ubb?

j'en ai encore une mais là je jure que c'est la dernière (pour ce post, bien sur) : comment fait-on pour charger des petits dessins animés, j'en ai trouvés mais quand je les charge ils veulent plus bouger, et je les trouve rangés en rang d'oignons dans la fenetre de droite d'aperçu (preview): là je peux les faire bouger mais c'est moins drole quand c'est moi qui le fais et je prefere quand ils bougent tout seuls, c'est moins fatigant.

encore juste un petit truc, pas réellement une question, mais si je pouvais avoir une petite réponse : ben voilà, barbarella c'est un nom de femme ? oui mais alors pourquoi c'est y que vous avez marqué dessous vieux briscard, que ça a un rapport avec les hommes.. z'étes pas les 2, vous?
quoiqu'avec les temps qu'on vit.. non non, vous fachez pas, c'était juste histoire de faire le malin, cette remarque, mais c'est pas bien réussi.. alors excusez mon bavardage inconséquent.
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