Neuvieme symphonie et libéralisme

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Nobody a dit:
Hem... Je ne parlais pas du texte dont j'avais mis le lien mais du texte - différent - que je possède en version papier. C'est ce deuxième texte que je proposais de recopier sur le forum, pas celui que j'ai mis en lien.

;)

On attend ce texte avec intérêt ! :zen:
 
Nobody a dit:
Hem... Je ne parlais pas du texte dont j'avais mis le lien mais du texte - différent - que je possède en version papier. C'est ce deuxième texte que je proposais de recopier sur le forum, pas celui que j'ai mis en lien.

;)


Ma foi, si tu le scannes et que tu le mets à dispo, ce sera déjà trés gentil, te fais pas ... à le resaisir !
 
si tu rentres à 23h15, va te coucher, tu nous enverra le texte lundi, ça presse pas.
 
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Pendant des intervalles considérables, les quatre joueurs de hautbois sont restés sans rien faire. On devrait réduire leur nombre et répartir également leur activité sur toute la durée du concert de façon à éliminer les périodes de pointe.

Les douze violons jouaient tous les mêmes notes: il semble s'agir là d'une multiplication d'emplois parfaitement inutile. Il faudrait pratiquer une sévère compression de personnel dans cette section. Si l'on recherche l'amplification du son, on peut avoir recours au matériel électronique.

L'exécution des triples croches a exigé une importante dépense d'énergie. Il semble s'agir là d'un raffinement superflu. Nous préconisons la réduction de toutes les notes à la double croche immédiatement inférieure. Il serait alors possible d'employer plus largement du personnel stagiaire ou de moindre qualification.

Certains passages musicaux semblent donner lieu à des répétitions abusives. il faudrait en couper systématiquement la plus grande partie. Il n'est d'aucune utilité pratique de faire répéter par les cors tel passage qui a été préalablement exécuté par les cordes. On peut estimer qu'en éliminant tous les passages qui font double emploi, on réduirait la durée du concert de deux heures à vingt minutes, ce qui permettrait, en outre, de supprimer l'entracte.

Dans l'ensemble, nos propositions rencontrent l'adhésion du chef d'orchestre. il objecte néanmoins que leur mise en oeuvre pourrait entrainer une certaine diminution du nombre des entrées. Dans cette éventualité, d'ailleurs peu probable, rien n'empêcherait de fermer au public des sections entières de la salle, ce qui permettrait de réaliser des économies d'entretien, d'éclairage, de personnel, etc...

Au pire, on pourrait supprimer les concerts dans cette salle, les mélomanes ayant toujours la ressource de se rendre dans une autre salle.

Rapport rédigé par un ingénieur en organisation, demeuré anonyme, après l'audition d'un concert symphonique au Royal Festival Hall de Londres.

Source: Bernoux, P., La sociologie des organisations, Ed. du Seuil, 1985

:zen:
 
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Merci Nobody : c'est de la même veine que l'autre texte.

L'idéal serait que quelqu'un retrouve le texte concernant la 9ème de Beethoven, avec la suppression des choeurs ! :D :up:
 
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Nobody a dit:
Pendant des intervalles considérables, les quatre joueurs de hautbois sont restés sans rien faire. On devrait réduire leur nombre et répartir également leur activité sur toute la durée du concert de façon à éliminer les périodes de pointe.

Les douze violons jouaient tous les mêmes notes: il semble s'agir là d'une multiplication d'emplois parfaitement inutile. Il faudrait pratiquer une sévère compression de personnel dans cette section. Si l'on recherche l'amplification du son, on peut avoir recours au matériel électronique.

L'exécution des triples croches a exigé une importante dépense d'énergie. Il semble s'agir là d'un raffinement superflu. Nous préconisons la réduction de toutes les notes à la double croche immédiatement inférieure. Il serait alors possible d'employer plus largement du personnel stagiaire ou de moindre qualification.

Certains passages musicaux semblent donner lieu à des répétitions abusives. il faudrait en couper systématiquement la plus grande partie. Il n'est d'aucune utilité pratique de faire répéter par les cors tel passage qui a été préalablement exécuté par les cordes. On peut estimer qu'en éliminant tous les passages qui font double emploi, on réduirait la durée du concert de deux heures à vingt minutes, ce qui permettrait, en outre, de supprimer l'entracte.

Dans l'ensemble, nos propositions rencontrent l'adhésion du chef d'orchestre. il objecte néanmoins que leur mise en oeuvre pourrait entrainer une certaine diminution du nombre des entrées. Dans cette éventualité, d'ailleurs peu probable, rien n'empêcherait de fermer au public des sections entières de la salle, ce qui permettrait de réaliser des économies d'entretien, d'éclairage, de personnel, etc...

Au pire, on pourrait supprimer les concerts dans cette salle, les mélomanes ayant toujours la ressource de se rendre dans une autre salle.

Rapport rédigé par un ingénieur en organisation, demeuré anonyme, après l'audition d'un concert symphonique au Royal Festival Hall de Londres.

Source: Bernoux, P., La sociologie des organisations, Ed. du Seuil, 1985

:zen:


Oui, en fait c'est le premier un peu résumé auquel on a attaché une conclusion supplémentaires à propos du chef d'orchestre et de la salle.
 
D'ailleurs je préfère la première version, la conclusion est plus amusante.

Cette deuxième version me semble un peu plus grossière.

Cela dit, comme la première contient des phrases identiques à la seconde avec quelques mots en plus, on peut supposer que la première à été faite à partir de la seconde, simplement une amélioration du texte de base.
 
ccciolll a dit:
D'ailleurs je préfère la première version, la conclusion est plus amusante.

Cette deuxième version me semble un peu plus grossière.

Cela dit, comme la première contient des phrases identiques à la seconde avec quelques mots en plus, on peut supposer que la première à été faite à partir de la seconde, simplement une amélioration du texte de base.

Oui, le premier est plus léger, d'accord.

Mais pour ce qui est du rapport avec le taylorisme, le premier texte raisonne principalement en termes d'efficacité, notamment en ce qui concerne la conclusion, tandis que le deuxième met l'efficience en avant, ce qui a plutôt été la caractéristique des déviances du taylorisme dont les deux textes veulent parler.

Me semble-t-il.

Non?
 
Mais si Nobody!
Tout va bien, lààààà...



:D
 
Galatée a dit:
Et que penserait un libéral de la musique minimaliste, genre Philip Glass, ou Steve Reich, où les mêmes notes sont répétées à outrance (logique, en même temps, c'est le principe) ?

:D :love: :D :love:

Si on se place du côté du compositeur, et en restant dans la logique de ce fil, ce serait en fait très "rentable" comme musique (reproduction des mêmes phrases en "série", optimisation de la productivité créatrice) ;)

Par contre, du côté de l'interprète... on le remplacerait vite par des ordinateurs... :D

(PS: je simplifie volontairement, loin de moi l'idée de caricaturer cette musique)
 
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