rennesman a dit:
moi je trouve que cette chanson est un modele de production, d'inventivité et de maitrise harmonique et rythmique.
une chanson qui démarre comme une ballade moyen-ageuse et qui progressivement glisse vers le hard rock le plus sauvage et brutal et moderne ,sans qu'on ait l'impression d'un collage ou d'une piece montée de deux chansons, je dis chapeau bas. Et puis les paroles sont jolies.Sur when the levee breaks c'est surtout bonham qui est a l'oeuvre et c'est vrai que cette chanson est pas mal non plus. d'ailleurs tout l'album l'est.
Je ne dis pas que je ne trouve pas ce morceau intéressant. Bien au contraire.
Non, je relatais ma première écoute du disque en '75. J'avais 12 ans. Pas encore vraiment éduqué musicalement. A l'époque on n'avait guère que Maritie et Gilbert Carpentier pour ça, tu vois le genre, c'était pas réellement la meilleure école et puis pour mes parents, rock and roll ça avait automatiquement des parfums (?) de drogue, de stupre et de fornication, fallait pas que le petit fifi que j'étais y touche, tu comprends, vade retro satanas et tout le toutim. Donc, à 12 ans, j'avais à peine que quelques singles des Beatles et des Stones, une k7 de Slade (!) et un LP ou deux d'Elvis (Presley, Costello allait suivre mais pas tout de suite) qui tentaient vainement d'avoir un aspect sulfureux mais ce n'était pas Let it Be ou Suspicious Mind qui pouvaient effrayer mes parents! Alors quand j'ai ouï le "Runes Album" du Zep, c'est plutôt des morceaux tchac tchac boum que je cherchais plutôt qu'un truc plus construit comme "Stairway". Même si la slide guitare de "When the Levee Breaks" est tout bonnement exceptionnelle.
Ceci dit, effectivement, le Led Zeppelin IV est très vif, plus que le III que j'aime beaucoup aussi. Tout est beau, ici, tout est réussi. Le IV reste sans doute leur tout meilleur album. D'abord parce qu'il est celui où figurent leurs compositions les plus évidentes, inspirées ("Black Dog", "Stairway to Heaven") et ensuite parce que, monument de rock électrique ("Rock'n'Roll"), création dont l'intensité est presqu'hendrixienne ("When the Levee Breaks"), l'album est d'une subtilité et d'une finesse analogues sinon supérieures à celles qui marquaient Led Zeppelin III. La force de l'inspiration présente ici, l'étendue du registre sonore déployé et l'originalité du rock inventé au fil de ce disque permettent d'écrire que l'album est un des plus grands de l'histoire du rock. Led Zeppelin IV est une fascinante construction: écouté encore et encore au fil des ans, il dévoile des richesses que l'on n'avait pas soupçonnées, et l'on se prend toujours à découvrir quelque fresque sonore, quelque note de guitare, quelque inflexion vocale bizarrement passées inaperçues jusque là.
Pour en revenir à "Stairway...", qui part en une montée en spirale vers l'extase électrique avec sa construction en crescendo, montant comme un raga emporté dans une fièvre finale, Dister écrivait "Robert Plant est fabuleux de bout en bout: excitant comme Mick Jagger ou l'Elvis des débuts, celui de "Mystery Train" et des enregistrements Sun, sexy partout et incroyablement émouvant quand, au coeur du légendaire "Stairway to heaven" (sommet de l'album), il répète d'un ton doux et lointain les mots "Makes Me Wonder", sur un fond aux accords lisses et célestes d'une Gibson brun acajou, il semble dévaler, aux côtés de son ami, un escalier infini.
C'est pas beau, ça?
