On restait planté sur place devant l'énergie de ce grand gaillard qui ne pouvait rester en place trop longtemps. Ou alors était-ce l'effet de cet appartement qui semblait entraver ses mouvements ? Peut-être réfléchissait-il plus vite que nous ?
Mais emporté par l'ouragan de ces pensées, on finissait toujours par le suivre. Et l'on comprenait en arrivant à Vovoni, le besoin de liberté qui le faisait aimer la vie plus intensément que les autres.
Bien qu'il échafaudât sans cesse de futurs travaux d'Hercule, il s'occupait autant de ceux qui croisaient sa route, une heure, un mois, un jour. Toujours en action, il se posait de temps en temps pour bavarder et nous écoutions ses milles aventures d'une journée qu'il allait jusqu'à mimer.
Son dynamisme était contagieux et l'on se surprenait à envoyer valser nos propres peurs, nos propres doutes. Avec Philippe, il y avait toujours une solution à toutes les situations.
Pas de faux-semblants, l'homme était direct. Avec une pointe d'ironie, il observait le monde et y participait en privilégiant les actes aux palabres, vaines. Aussi se trouvait-il malgré lui à rendre la justice aux démunis, la dignité aux pessimistes et du courage aux paresseux.
On ressortait de cette rencontre un peu plus grand, un peu plus libre, un peu plus sûr de soi.
Son regard lucide et honnête sur la vie, sa détermination et son efficacité d'action l'on amené à combattre l'infamie. Il n'est pas simple de voir partir Philippe pour son dernier voyage et de lui rendre un hommage à sa mesure. Nous espérerons simplement qu'il vagabondera longtemps dans nos têtes.
Vovoni, Philiipe Gros, par son frère nicolas. Né le 3 janvier 1967 et assassiné le 19 novembre 2005. Photo prise en julllet 2004 sur les lieux du futur drame.
Cet hommage sera lut lors de son enterrement le jeudi 8 décembre 2005 à 14h30.
Puissions nous prendre exemple sur cet homme inimitable.