Polas

  • Créateur du sujet Créateur du sujet Anonyme
  • Date de début Date de début
Statut
Ce sujet est fermé.
A

Anonyme

Invité
abeille.jpg


Pour Benjamin.

Il y a des jours, on traîne les mains dans les poches sur la plage et des bateaux s'éloignent dont on distingue à peine les vapeurs. On est sur le quai, la gorge serrée sous les mouchoirs qui s'agitent, et le train part dans le fracas habituel des amours qui se déchirent. On est aussi les uns contre les autres souvent, le dimanche soir, quand la voiture démarre et qu'il faut rentrer parce que les enfants ont école demain. Il y a alors, dans le rétroviseur, de vieilles gens dont les mains font des signes et dont les cœurs invisibles se serrent. Parfois, c'est vrai, on se sent un peu seul dans la foule du métro quand on vient de croiser un sourire. Il y a comme ça des jours et des possibles qui passent et dont on se souvient.

Il y a des dimanches, il fait beau et on est bien dans l'air tiède. On rêve seulement d'une rivière, d'une nappe en vichy posée sur l'herbe à l'ombre, et d'un melon qui se balance dans l'eau fraîche. Il y a des souvenirs d'enfance entre les épis de blé qui se penchent doucement sous la brise, et les coquelicots. Il y a des baisers rêvés et des premiers, des tendres, comme figés dans l'air, dans les foins, au coin des rues, dans l'obscurité d'une cage d'escalier et le soleil mouillé des vacances à la mer. Il y a de beaux dimanches sages allongé contre toi, dans le ronronnement lointain des tondeuses et l'indifférence superbe des abeilles qui butinent de fleur en fleur.

Il y a des jours interminables et laids dans les cours de danse où les petites filles martyrisent leur corps, sous les ponts dont on se jette en croyant que les larmes sont solubles dans l'eau des fleuves, sur les rails où l'on voudrait broyer un peu de souffrance ordinaire, au bout des routes sans retour. Il y a les nuits à l'hôpital et, sous les néons pâles des couloirs, de petites mains qui cherchent à tâtons dans l'air éthéré la peau du bien-aimé, et la caresse illusoire d'un adieu impossible. Il y a les cris qu'on étouffe et, parfois, les douleurs qui déchirent, suraiguës, et qui montent comme des prières.

Il y a les jours d'ennui et leurs rires forcés, les messages qu'on envoie, comme de bouteilles à la mer, parce qu'on a la solitude au bout des doigts, les thés qu'on boit avec une légèreté feinte, puisqu'il vaut toujours mieux feindre un peu de bonheur. Mais il y a les mensonges qu'on hurle ou qui se murmurent, comme le plaisir dans tes draps. Il y a des dimanches. Allongé contre toi, les continents dérivent et nos deux cœurs, dans le bourdonnement lointain des autres indifférents. Sous les fleurs.
 
<blockquote><font class="small">Post&eacute; &agrave; l'origine par DocEvil:</font><hr /> Il y a des dimanches, il fait beau et on est bien dans l'air tiède. On rêve seulement d'une rivière, d'une nappe en vichy posée sur l'herbe à l'ombre, et d'un melon qui se balance dans l'eau fraîche.

[/QUOTE]

...ne manquait que la nappe vichy et le melon...

amitiés à vous mon sieur de la maison du ruisseau.
 
<blockquote><font class="small">Post&eacute; &agrave; l'origine par DocEvil:</font><hr />

Pour Benjamin.


[/QUOTE]

Je ne sais pas qui est Benjamin, mais tout le monde a lu la lettre qui lui était destinée.
wink.gif
 
<blockquote><font class="small">Post&eacute; &agrave; l'origine par bonpat:</font><hr />

Je ne sais pas qui est Benjamin, mais tout le monde a lu la lettre qui lui était destinée.
wink.gif


[/QUOTE]

Pas du tout, moi quand j'ai vu que c'était pas pour moi j'ai pas lu
cool.gif
 
Bouleversant.
smile.gif


(Moins sérieusement : je vais changer deux trois phrases et renvoyer le tout à Sylvain Augier.
laugh.gif
)
 
<blockquote><font class="small">Post&eacute; &agrave; l'origine par bebert:</font><hr /> Bouleversant.
smile.gif


(Moins sérieusement : je vais changer deux trois phrases et renvoyer le tout à Sylvain Augier.
laugh.gif
)


[/QUOTE]

L'était pas bien ma lettre
mad.gif
laugh.gif
 
<blockquote><font class="small">Post&eacute; &agrave; l'origine par barbarella:</font><hr />

Pas du tout, moi quand j'ai vu que c'était pas pour moi j'ai pas lu
cool.gif


[/QUOTE]

mouais mouais mouais
crazy.gif
crazy.gif
crazy.gif
crazy.gif
 
Il y a également des jours "sans rien" qui sombrent dans la désespérance ... des jours où l'avant et l'après se confondent dans le silence épais de souvenirs lointains et déjà incertains ... des jours où les visages passés et disparus vagabondent aux creux de nos esprits, pauvres et dérisoires spectres lancinants qui vont et viennent au gré de nos marées d'absinthe...
Il y a des jours où, à force de vivre, la vie vous coule entre les doigts, sablier invisible et pourtant inéluctable d'une fin annoncée....
Amours passées, déçues, passionnées, regrettées, la ronde est infernale et nous mène jusqu'à la léthargie apaisante d'un sommeil tant attendu...
Ces jours-là sont incolores, inodores et insipides ... ils n'ont le mérite d'exister que pour nous rappeler notre condition de pauvres humains, ballotés entre un passé déjà trop lourd à porter et un avenir incertain autant qu'hasardeux !
Si ces jours ne vous sont pas inconnus, ouvrez grandes les fenêtres, humez la brise matinale, frémissez aux bruits de de la vie qui vous entoure, blotissez vous au creux d'un sourire amical et surtout, tendez la main .... vous serez surpris ...!!!
Doc, ce matin, j'ai cru sentir ta main ... ...
wink.gif


 
<blockquote><font class="small">Post&eacute; &agrave; l'origine par thebiglebowsky:</font><hr />
Doc, ce matin, j'ai cru sentir ta main ... ...
wink.gif



[/QUOTE]
...inutile de vous dire que je n'accepterais aucune plaisanterie douteuse ou graveleuse sur le sujet...
(vous connaissant, je préfère prendre les devants ... hihi...
laugh.gif
laugh.gif
laugh.gif
)
...Bande de petits c...
wink.gif
laugh.gif
laugh.gif
laugh.gif
 
<blockquote><font class="small">Post&eacute; &agrave; l'origine par thebiglebowsky:</font><hr />
Doc, ce matin, j'ai cru sentir ta main ... ...
wink.gif



[/QUOTE]

... aux fesses ?
laugh.gif


Plus sériseusement : ton texte m'a bouleversé (au moins autant que celui de DocEvil). Bravo !
smile.gif
 
<blockquote><font class="small">Post&eacute; &agrave; l'origine par bebert:</font><hr />

... aux fesses ?
laugh.gif



[/QUOTE]

cooooooool bébert, j'avais pas osé
laugh.gif
laugh.gif
laugh.gif
 
<blockquote><font class="small">Post&eacute; &agrave; l'origine par bebert:</font><hr />
... aux fesses ?
laugh.gif



[/QUOTE]
...J'en étais sûr !!!
laugh.gif
laugh.gif
laugh.gif

Mais avouez quand même que je vous ai poussé un peu non ??
laugh.gif

Bonne et excellente journée...
wink.gif
 
Trois bonnes raisons de faire remonter ce thread :

1) Il est radicalement différent de ceux qui trônent à longueur de journée à la tête du bar et je reste convaincu de l'utilité qu'il y a à penser (et qui plus est à écrire) différemment.
2) Il fait beau et on est bien, malgré les prières qui montent.
3) J'ai une indigestion de devinettes.
4) Montrer à Barbarella qu'il n'y a pas que le flood dans la vie.
5) Je ne sais pas compter jusqu'à trois.
 
<blockquote><font class="small">Post&eacute; &agrave; l'origine par DocEvil:</font><hr /> Trois bonnes raisons de faire remonter ce thread :

1) Il est radicalement différent de ceux qui trônent à longueur de journée à la tête du bar et je reste convaincu de l'utilité qu'il y a à penser (et qui plus est à écrire) différemment.
2) Il fait beau et on est bien, malgré les prières qui montent.
3) J'ai une indigestion de devinettes.
4) Montrer à Barbarella qu'il n'y a pas que le flood dans la vie.


[/QUOTE]

On dirait mon père.

<blockquote><font class="small">Post&eacute; &agrave; l'origine par DocEvil:</font><hr /> 5) Je ne sais pas compter jusqu'à trois.

[/QUOTE]
 
Je n'ai pas trop le goût des remontées sauvages de thread (ou de « tradada », comme ils disent dans le Petit Roberto), mais je te remercie d'avoir remonté celui-là en particulier.

Amitiés.
 
MackZeKnife a dit:
ooo.gif
tant de threads intelligents - et conscients de l'être
crazy.gif
- pfffiou, ça donne le vertige...

L'intelligence n'est autre que la conscience de sa faiblesse.
Les sots n'ont pas plus conscience de leur faiblesse que de leur sottise, ou de leur importunité.
zen.gif
 
Statut
Ce sujet est fermé.