A
Anonyme
Invité
On rencontre parfois, au hasard des salles obscures, des êtres rares, durs, et bien lointains des mondains du show-biz dont les paillettes illusoires finissent toujours par se ternir au fond des verres de champagnes précieux. Ils ont pour eux des élégances morales qui habillent bien mieux que les longues robes du soir, de larrogance et du talent. Ils ont comme une froide colère qui leur fait le dos droit et le port de tête hautain. Ils savent la parfaite mesure de leur valeur et le prix trop souvent exorbitant de leur indépendance. Ils emmerdent royalement le petit monde mesquin qui les juge de ses regards lourds, et nous aimons les haïr pour leur dédain sublime et nonchalant.
Au fond, combien de films ai-je vu avec cette emmerdeuse ? Deux ? Trois ? Le nombre importe peu. On noublie pas Katherine Hepburn. On noublie pas cette altitude glacée, cette silhouette longue, et cette tête anguleuse et fine, percée de trous de feu. On noublie pas ce qui vous blesse, par son mépris, son élégance, par une forme de génie évident qui simpose sur chaque centimètre de pellicule et qui nous dit : « Tu ne mattraperas pas. » Car quel génie ne faut-il pas avoir pour toujours être et ne jamais sembler ?
Si tu vas au diable, vieille folle, je veux juste savoir aussi que je ty rejoindrai.