Vladimir Vladimirovitch, nous sommes en extase! Vous avez réussi la meilleure intervention de toute votre carrière
», ironisait vendredi le quotidien Moskovski Komsomolets, lun des derniers médias russes à se permettre encore de revenir sur la dernière perle de Vladimir Poutine. Recevant mercredi soir le Premier ministre israélien Ehud Olmert au Kremlin, Vladimir Poutine a soudain lancé, histoire de détendre latmosphère: «Saluez votre président de notre part! Il sest avéré un vrai homme! Violer dix femmes! Je naurais jamais attendu cela de lui! Il nous a tous surpris!», faisant allusion au scandale actuel en Israël, où le président Moshé Katzav est accusé de viols et harcèlement sexuel (lire article) «Nous sommes tous envieux», a poursuivi Poutine.
Selon les journalistes qui avaient été invités à filmer le début protocolaire des entretiens, et les membres de la délégation israélienne qui ont ébruité le reste de la tirade, Ehud Olmert aurait sobrement répondu: «A votre place, je ne lenvierais pas.»
Vladimir Poutine est coutumier des sorties grivoises et se fait aussi souvent piéger par ses mises en scène qui consistent à laisser filmer le début de ses entretiens, pour donner lillusion dune transparence parfaite. Au sommet du G8 à Saint-Pétersbourg en juillet, il sen était pris aux affaires de corruption dans lentourage de Tony Blair. Juste auparavant, lors dun chat internet, le président russe sétait aussi vanté de savoir «à la minute près» à quand remontait son dernier rapport sexuel. En 2002, lors dune conférence de presse, le président russe avait invité un journaliste du Monde qui linterrogeait sur la guerre en Tchétchénie à venir se faire «circoncire» en Russie, de «manière à ce que plus rien ne repousse».
Même habitués aux polissonneries de leur président, les derniers médias russes libres de commenter ses propos semblent assez choqués par cette dernière sortie au sujet du président israélien. «Si vous étiez président des Etats-Unis, vous devriez longuement vous justifier; cela pourrait aller jusquà limpeachment, poursuit ainsi le Moskovski Komsomolets de ce vendredi. Mais grâce à Dieu, nous ne sommes pas en Amérique. Chez eux, ce serait une honte, chez nous, cest hardi et joyeux.»
«Jai toujours dit que Vladimir Vladimirovitch na pas un humour terrible, se permettait jeudi aussi un des éditorialistes de la radio Echo de Moscou, Anton Orekh. Ce nest pas quil nait pas de sens de lhumour, mais ses blagues font un peu blague de caserne, avec un penchant uro-génital.»