Le théatre est un jeu. 1.

Statut
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Peut-être reste-t-il des voies encore inexplorées dans les méandres de l'esprit humain ou à défaut dans l'esprit Camisolé :D S'il est vrai que nous sommes en constante évolution, pourquoi devrait-on s'en remettre à des préceptes posés en des temps révolus ? ;)

(c'est une boutade, je ne peux pas m'aventurer sur ce terrain avec vous)
 
L'est pas con, ce petit chaton... Mon marionettiste est en période de réunification avec lui-même, on dirait...
Je vais résister pour qu'il me jette pas à la poubelle trop vite :cool:

En tout cas, faudrait que je récupère un peu de son plan de vol d'hier soir, ça m'a l'air très efficace :D


 
En fait, mon ubiquité ne me fatigue pas tant que ça, elle est distrayante.
Je ne sais pas ce qu'en pense les autres. Je ne suis même pas sûr qu'ils aient tous envie de glisser sur ce terrain-là.

Quant au reste, pas d'autoanalyse en public. Même en mode anonyme. Même si c'est, en quelque sorte, tentant. Mais l'anonymat n'est pas totalement étanche. Donc, pas d'épanchements éxagérés.
Pas d'auto-destruction non plus. Juste un processus constant de déconstruction. De la scène. Du personnage. Des personnages. Des décors, pourquoi pas.
Et beaucoup de filouteries, aussi, bien déguisées. Bien métaphorisées.

Mais que l'on parle de ce théâtre m'importe plus que que de gloser sur la folie du personnage, ou la mélancolie embrumée de l'auteur.

Bon, allez. Je file. Le foot m'a apporté de grandes joies. Et m'a mis dans le lit de jolies filles. Je lui dois, parfois, une petite messe impie.

arrivederci
 
L'auto-analyse anonyme a un côté impunément exhibitionniste très intéressant, mais on reste dans l'expectative malgré tout : est-ce que ce que l'on offre arbitrairement (en apparence... on est schizo mais pas forcément dingue... ) est apprécié à sa juste valeur ? L'exposition en vaut-elle la chandelle ? En mettant tout son c½ur mais souvent plus dans la représentation de notre vie, d'un morceau de celle-ci ou dans toute tragi-comédie forumique, sommes-nous sûrs d'être compris et appréciés pour ce que nous sommes, et dans le cas contraire, quelle sera la profondeur de la blessure ? Finalement, cette ubiquité n'est pas si lourde ;)
 
Hé oui. C'est l'avantage du masque. Il protège du regard des autres, et de la tentation de s'y mirrer.
Eyes wide shut
Mon autre ne me lit pas. Et il est très au fait de sa popularité. Les chorégraphes sont des bourreaux.

Ravi de te connaître, chaton. ;) Tes semelles semblent bien fartées, et tes carres affutées. En tout cas, tu prends la pente. Tu roules sur les télésièges ? :D :style:

:zen:







Déja 750 posts ? Le fil se défile si vite. Ralentis. Fais une pause.
 
Dieu peut-il jouer une partie vraiment significative avec une de ses propres créatures? Un créateur quelconque, même limité, peut-il jamais jouer une partie significative avec sa propre créature? - Norbert Wiener, God and Golem, Inc.

L'imagination est comparable au rêve d'Adam. En se réveillant, il s'aperçut que tout était réel. Jhon Keats, lettre à un ami.


Juste en passant ;)


Attention au Gritche qui rôde...
 
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Réactions: rezba
Headshot ! :rose: C'est ce qu'on dit à la cave quand on est touché ;) Ravissement absolument réciproque ;)
 
yerodis a dit:
Dieu peut-il jouer une partie vraiment significative avec une de ses propres créatures? Un créateur quelconque, même limité, peut-il jamais jouer une partie significative avec sa propre créature? - Norbert Wiener, God and Golem, Inc.

L'imagination est comparable au rêve d'Adam. En se réveillant, il s'aperçut que tout était réel. Jhon Keats, lettre à un ami.


Juste en passant ;)


Attention au Gritche qui rôde...

Ta connaissance du sujet me sembe acérée, pour un jeune qui débute. :style:
J'accepte donc avec joie ton Keats, c'est toujours un beau présent.
D'autres dimensions demanderaient à être creusées ici, pour continuer sur ce sujet. Le Go Rin No Sho, par exemple... Mais il ne me semble pas que mon marionnetiste soit déjà dans ces dispositions-là.



:zen:
 
L'auteur est un sujet et un objet critique.
Les scandales ont lieu hors d'ici : ici, nous accomplissons un rite théâtral.
Le théâtre n'est pas un médium de masse. Même s'il le voulait, il ne pourrait pas l'être. Ici, nous sommes peu nombreux : mais en nous il y a Athènes.
Nous ne cherchons pas le succès.
Nous sommes peu nombreux parce que nous sommes tous des hommes en chair et en os. Les corps ne sont pas aristocratiques.
Ne cherchez pas ici la spécificité du théâtre ni l'idée du théâtre.
Dès que la culture est rite, elle cesse d'obéir aux seules normes de la raison et redevient aussi passion et mystère.
Le théâtre est une forme de lutte contre la culture de masse. Décentrement !
Ni l'auteur ni les acteurs ne veulent vous scandaliser : faisons scandale ensemble.



Pier Paolo Pasolini. Adresse au public (extrait). Théâtre municipal de Turin. 1968
 
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camisol a dit:

Décentrement !
Ni l'auteur ni les acteurs ne veulent vous scandaliser : faisons scandale ensemble.



Pier Paolo Pasolini. Adresse au public (extrait). Théâtre municipal de Turin. 1968

Quel auteur se risquerait maintenant à faire scandale avec ses spectateurs. Le scandale même sert la société du spectacle ; le scandale canalisé, domestiqué. Pour faire vraiment scandale il faut maintenant des histoires bien au delà du bien et du mal (désolé pour les références). Ce pauvre Pier Paolo s'il vivait encore choisirait le suicide, avec la pleine conscience de l'innocuité de son art.
 
camisol a dit:
Portrait d'un crane en suspension

Parfois, je me demande comment les nouveaux arrivants comprennent cette commedia dell'arte, eux qui n'en ont pas les clés. Comment accèdent-ils à cette compréhension ? Par quels cheminements ?[?]

Le théâtre est un jeu. La comédie un drame. Ou une futilité.

L'oeil nouveau me fait penser qu'en ces lieux des âmes interressantes nagent (ou surnage) et loin de moi l'idée d'effleurer les olympiennes connaissances de ces illustres avatars.

Le théâtre de ces lieux n'est ni jeux ni scandale, peut être tout à la fois ; c'est l'expression de ce que nous ne sommes pas, ce que nous voudrions être ou ne pas être. C'est le lieu de nos fantasmes, de nos folies. Mais notre équilibre ne se construit-il pas ici ?

Mon masque me permet de dire ce que je veux, peut-être sera-t-il détruit demain et que m'en coûtera ? Beaucoup si j'ai oublié que mon âme n'est pas 0101010101.

Mais au combien j'ai besoin d'être celui que je ne suis pas même le temps d'un post? jusqu'à ce qu'une autre âme fissure le masque de mon avatar, en espérant que cela soit pour le meilleur.
 
La scène est nue. Les comédiens, lentement, la désertent. Ils se retirent, dans leurs antres ampoulés. Un premier spectateur gravit les escaliers. Un autre, puis un autre, le suivent. Une quatrième s'approche, et d'autres encore se lèvent. La scène se remplit. Les spectateurs jouent leur pièce eux-mêmes, maintenant. Sans masques, ni perruques.
Ce n'est plus la commedia, mais le théâtre reste à l'italienne. Bientôt, l'acteur ne pourra plus revenir sans enlever son masque. Il ne reviendra donc pas.
Chacun d'entre nous, les porteurs de masques, sommes en train, lentement, d'accepter la lumière. C'est étrange. Et intriguant.
Pour ma part, je suis fatigué de jouer ce rôle. N'étant ni banni ni mysanthrope, mais ne goûtant guère de ne plus me drapper, je file tranquille aux fonds de mes casiers. Je vous laisse à vos jeux. Toi, le serpent psychopathe qui m'a tant fait rire. Et toi, l'éphèbe grimé dans ta toile d'IP. Baisers. ;)
 
camisol a dit:
La scène est nue. Les comédiens, lentement, la désertent. Ils se retirent, dans leurs antres ampoulés. Un premier spectateur gravit les escaliers. Un autre, puis un autre, le suivent. Une quatrième s'approche, et d'autres encore se lèvent. La scène se remplit. Les spectateurs jouent leur pièce eux-mêmes, maintenant. Sans masques, ni perruques.
Ce n'est plus la commedia, mais le théâtre reste à l'italienne. Bientôt, l'acteur ne pourra plus revenir sans enlever son masque. Il ne reviendra donc pas.
Chacun d'entre nous, les porteurs de masques, sommes en train, lentement, d'accepter la lumière. C'est étrange. Et intriguant.
Pour ma part, je suis fatigué de jouer ce rôle. N'étant ni banni ni mysanthrope, mais ne goûtant guère de ne plus me drapper, je file tranquille aux fonds de mes casiers. Je vous laisse à vos jeux. Toi, le serpent psychopathe qui m'a tant fait rire. Et toi, l'éphèbe grimé dans ta toile d'IP. Baisers. ;)

Et la mise en scène est toujours à venir, ouverte, paysage à parcourir
 
Hier soir, Bordeaux, tout près de mater Garonna, à 200m de ses remous boueux, Angelin Preljocaj à commis N, pièce pour 12 danseurs, après Near Life Experience et Helikopter.
Le spectateur (quel nom désuet) souffre, jusqu'à la limite du supportable. Le niveau sonore durant 70 mn frole la douleur. Le feu lumineux explose, éclaboussant tous et surtout chacun.
Torsion de nos conforts, renvois à la barbarie de nos civilisation. C'est chaque jour l'aube de l'humanité qui vagit son identité animale.
Qui est dans la salle? Qui sont les barbares? Otages de soi, du soi. Pour que respirent les charniers, ils faut les retourner souvent. Nécessité de se retourner souvent sur soi pour éloigner notre Sodome & Gomorrhe, pour irriguer les escarrhes de notre conscience bourgeoise.
La souffrance est le médium de l'Art.
 
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Réactions: mado
Toi pêcheur de Lunes​

Tu tires ta révérence au moment où l'existence jouée empiète sur l'existence réelle ?`Le choix de faire des pas à côté de sa vie pour marcher en pays inconnu?
Mais il est si vrai que (de se balader) errer en pays inconnu hausse le niveau de l'attention de tous.
Alors les brumes enivrantes de curiosité instinctive, cette curiosité corrosive comme l'acide qui doit lui couler dans les veines, font sortir les mots (maux) de leur caverne.
On se sent aliéné par une force qui nous dépasse. On jette un voile de compassion sur les mensonges polis et arrondis au fil des heures, ce voile qui a prétendu occulter les vérités enfouies.
Comment faire pour endiguer ces émotions qui finissent par toujours vous déborder?
Peut-être jeter des mots (maux) qui nous permettront de nous dépouiller de nos systèmes de survie.
Mais ces mots (maux) disparaîtront comme des larmes séchées au soleil.​
Le jeu a fini de se confondre avec la Vie?​
Et les souvenirs se dilueront dans le temps.​

:zen:
 
Bizarre. Je n'avais jamais vu, donc lu ce fil.
Et comme je m'ennuie un peu, au boulot et sur macgé il faut bien le dire,
je suis descendue à la cave, comme vous dîtes !

On y trouve de belles choses, n'en déplaisent à certains. Et à peine recouvertes de poussière.

Tragique, comique, absurde ou cruel, le théâtre est un art. Ingrat et délicat.
La caricature peut-elle en être un ?
 
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