De la vie des macgéens V2.0

Lors d'un voyage en Grèce, la fréquentation du Bailly quelques dizaines d'années auparavant m'a permis de savoir où allaient les bus. À noter que, dans ce pays, il y a des cours de grec ancien !
Le grec ancien et le grec moderne n'ont pourtant pas grand-chose à voir. J'ai déjà été en Grèce il y a une dizaine d'années, avec ma femme et mes enfants. Même si je maîtrise parfaitement le grec ancien, j'ai été bien en peine de me faire comprendre des locaux : si l'alphabet est quasiment identique, les deux langues ne comportent que peu de similitudes.
 
Par ailleurs, la langue permet, comme l'affirme très bien @Moonwalker, de s'élever au-dessus de l'animal : sinon, comment distinguer l'homme du singe ? Le singe est aussi doué d'émotions, sait manipuler les outils, ressemble physiquement à l'homme et communique avec ses congénères. Nombre d'animaux suivent même des rituels codifiés, comme les cimetières chez les éléphants ; ces derniers sont conscients de la mort et rendent hommage à leurs disparus. Seulement, ni le singe ni les éléphants ne connaissent l'écriture ni la culture. L'homme, lui, est un être de culture, puisqu'il transforme son environnement pour le façonner à son goût et pour l'adapter à ses besoins. Il en va de même pour la langue : c'est une construction, certes, purement artificielle, mais qui permet à l'homme de s'affirmer contre les bêtes.
 
A @Louisjoudig et @Moonwalker

Ceci dit en toute amitié, je vous trouve quand même légèrement imbus de vos personnes ... l'un qui juge ses élèves sur leur apparence et leurs manières, qui corrige à tout va, et l'autre qui s'énerve et trépigne dès que quelqu'un n'est pas d'accord avec lui ... :joy:
En fait, vous êtes des "sachants convaincus et discriminants", ce qui est loin d'être une tare, je vous rassure !

Vous devez être malheureux d'être entourés d'ignares, que ce soit dans vos vies ou même ici - Mais bon, comme on dit chez nous : "Faut faire avec" ... :sweat_smile:
 
L'homme, lui, est un être de culture, puisqu'il transforme son environnement pour le façonner à son goût et pour l'adapter à ses besoins.

mais qui permet à l'homme de s'affirmer contre les bêtes.
C'est vrai que le monde tel qu'il est actuellement et l'actualité nous le démontrent suffisamment ... "l'homme est un être de culture" ... la bonne blague ... regarde autour de toi ! La réalité te contredit suffisamment !
 
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Réactions: Dead head
Perso, je vais dans le sens de @Dead head mais ça, tu dois t'en douter ! :joy:
Eh bien, pour une fois, je suis plutôt de l’avis de Moonwalker et de Louisjoudig. Et pourtant, je suis une brèle en orthographe, mais comme on dit, je me soigne. Cela fait plus de 50 ans que j'apprends à écrire le français, car oui, c'est compliqué, mais tellement enrichissant de comprendre un texte subtil du fait de son écriture. Personnellement, j'ai beaucoup de mal à bien orthographier certains mots, mais je conspue cette réforme de l'orthographe qui semble vouloir tout simplifier au détriment de la profondeur en nous tirant tous vers le bas. Et si certains veulent écrire en phonétique, ou avec des caractères médians, tant mieux pour eux, rien ne m'oblige à les lire. On verra bien ce qu'il restera à la fin.
 
Si on s'était rencontré à Courtrai en 1302, et bien, tu sais, le flamand il t'en aurait mis plein la tronche !!!! :joy:

Quant à mon français "mal crotté", note quand même que je suis quadrilingue ... Alors, tu m'excuseras de ne pas connaître les subtilités de chaque langue que je pratique - bien entendu, à l'exception du flamand ! :sweat_smile:

Non mais ! ... ... :cat:

À l’armée, j’étais le roi de l’esquive, alors avant d’aller m’embourber dans vos fossés, j’aurais laissé les autres passer en premiers. J’ai acquis un côté « caporal Blutch » à force de fréquenter la littérature illustrée belge dans ma jeunesse.


Sinon, oui, ce pauvre @Dead head que par ailleurs j’aime beaucoup en prend un peu fort. Mais comme je l’ai dit, ça me rend un peu dingue cette idée que l’orthographe est un privilège, que le savoir est un privilège. C’est une honte de dire des trucs pareil et de définir des politiques qui sanctionnent cet état. On s’étonne qu’ils rejettent la France ? Mais elle leur est confisquée.

J'étais un cancre de l’orthographe et cela n’avait rien à voir avec les règles absconses [moi aussi j’aime bien ce mot] ou un quelconque milieu privilégié. Je suis le descendant de paysans italiens, d’ouvriers, d’employés. Dans ma famille, on aimait lire. Je n’ai eu aucune difficulté particulière à apprendre à écrire. J’étais bon en expression écrite mais je me prenais des tôles en dictée. Je n’avais aucune difficulté en grammaire ou en conjugaison. J’assimilais parfaitement les règles, même les plus abstraites [c’est cadeau] mais au moment d’écrire je suis tellement accaparé par ma pensée que je n’en tiens plus compte. Cela a continué au collège et même en faculté, il fallait que je fasse très attention. Déjà à l’époque, je n’étais pas une exception, c’est ce qui me sauvait. Même aujourd’hui sur MacG, il faut que je relise plusieurs fois mes posts pour effacer ces « coquilles ».

Une réforme de l’orthographe n’y aurait rien changé. Quand tu oublies d’appliquer les règles, des règles que tu connais la plupart du temps, qu’importe de changer les dites règles. Tu feras toujours ces étourderies. [j’ai oublié un l à Joachim du Bellay]

J’ai connu un camarade de classe au collège qui ne faisait jamais de fautes. Il n’avait pas ma facilité de rédaction mais il écrivait sans accroc. L’orthographe lui était naturel. Lorsqu’il voyait un mot écrit il l’assimilait pour toujours. C’était son don. Pourquoi le déprécier ?

En fait, personne n’a l’orthographe innée, comme personne ne joue une sonate de Beethoven sans apprendre le piano. Il faut « faire ses games ». Il faut écrire, écrire, encore et toujours écrire. Certains seront des virtuoses, d’autres d’honnêtes pianistes.

Il est amusant de voir si les arguments proposés par monsieur Faguet dans son texte de 1905 sont les mêmes arguments que nos thuriféraires [c’est du gréco-latin] de l’orthographe réformée.

Faguet : « il faut simplifier, c’est-à-dire rendre plus facile l’étude de la langue aux enfants et aux étrangers. Quelles sont les plus grosses difficultés ? Ce sont celles qui nous sont indiquées : par les incertitudes des enfants, déjà assez avancés dans l’étude de la langue, devant un mot ; par nos propres hésitations, à nous, gens habitués à écrire, devant un mot, souvent très usité ; enfin par l’effort même de la langue tendant à se débarrasser de certaines gênes et portant toujours son effort, depuis trois siècles et demi, du même côté et dans le même sens.
Ces plus grosses difficultés sont au nombre de deux : les mots tirés du grec et les lettres doublées. Cela me suffit et c’est un assez gros morceau. »

En 1990, on a ajouté l’accent circonflexe.

Les enfants d’aujourd’hui, issus des enfants de jadis, ne sont pas plus ou moins idiots. Si leurs aïeux ont pu survivre à deux guerres mondiales et à l’apprentissage de l’orthographe, gageons qu’ils devraient s’en sortir hors cas de guerre mondiale (cette fois-ci définitive). Pourtant c’est bien à eux qu’on prétendait rendre service.

Les étrangers. Qu’importe. Est-ce que les Anglais ont abolis leurs verbes irréguliers, est-ce que les Allemands ont arrêté les déclinaisons grammaticales, les majuscules aux noms, ont changé le genre de leurs tables ? Pourtant on nous vendait un progrès de la francophonie après cette réforme. Tout d’un coup le français allait se révéler aux monde. Comme je l’ai déjà signalé, la langue de Ronsard et Du Bellay était la première langue étrangère parlée dans les cours européennes aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Non, la réforme prônée en notre temps n’était là que pour sanctionner la faillite d’un enseignement sans contrainte, et sans moyens, une dépréciation de l’effort au profit d’une condescendance de classe matinée de sociologie. « Les pauvres, ça ne peut pas. Il faut les aider, alléger leur fardeau, parce que nous sommes les bons et puis ils n’en ont pas forcément besoin ». Las ! Rien n’y fit. Malgré la « Réforme » et la mansuétude des correcteurs, les « cancres orthographiques » sont restés tels qu’en eux-même. Au bout du bout, ils ont trouvé mieux que réformer l’orthographe, ils ont réformé la note. À l’école des fans, tout le monde a gagné (merci Jacques Martin). À l’école de la vie, tout le monde a perdu. Car dans le monde du travail, l’orthographe reste un facteur discriminant, au même titre que la tenue vestimentaires, l’expression orale et la civilité.

A @Louisjoudig et @Moonwalker

Ceci dit en toute amitié, je vous trouve quand même légèrement imbus de vos personnes ... l'un qui juge ses élèves sur leur apparence et leurs manières, qui corrige à tout va, et l'autre qui s'énerve et trépigne dès que quelqu'un n'est pas d'accord avec lui ... :joy:
En fait, vous êtes des "sachants convaincus et discriminants", ce qui est loin d'être une tare, je vous rassure !

Vous devez être malheureux d'être entourés d'ignares, que ce soit dans vos vies ou même ici - Mais bon, comme on dit chez nous : "Faut faire avec" ... :sweat_smile:

Tu te trompes. Au contraire, c’est cette volonté de « simplifier » de force qui est discriminante. Ce qui nous révolte, c’est le gâchis, voire le vol, par la confiscation du savoir, et pire, ce discours qui présente l’effort et l’exigence comme des incongruités, des handicaps sociaux.

Une société qui n’est pas vouée à faire mieux est condamnée au déclin.

J’ai de l’admiration pour @Louisjoudig qui continue à combattre les moulins à vent de l’EN. J’ai lâché l’affaire il y a bien longtemps car je ne pense pas que j’aurais survécu.


Quant à mon énervement (relatif) vis-à-vis de Dead head, c’est cette phrase qui constitua comme un chiffon rouge à mes yeux :
l’orthographe française est en partie faite pour distinguer les sachants des autres.

Les sachants d’aujourd’hui étaient les ignorants d'hier. Dans ce que vous proposez, il n’y aura demain plus que des ignorants.
 
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Réactions: Louisjoudig
En fait, vous êtes des "sachants convaincus et discriminants", ce qui est loin d'être une tare, je vous rassure !

Vous devez être malheureux d'être entourés d'ignares, que ce soit dans vos vies ou même ici - Mais bon, comme on dit chez nous : "Faut faire avec" ... :sweat_smile:
De par la nature même de mon métier, je suis, comme tu le dis si bien, constamment entouré d’ignares… Néanmoins, mon devoir est de transformer ces ignares en sachants. L’école est un formidable ascenseur social, pourvu que l’on soit exigeant envers tous. J’exècre la prétendue bonté qui voudrait que l’on donne des bonnes notes à tout le monde. Si j’appliquais ce précepte, les mauvais se trouveraient confortés dans leur médiocrité, tandis que les bons ne progresseraient pas. De même, les plus pauvres, aux parents qui travaillent tard le soir, voire ceux dont les parents se désintéressent complètement d’eux, ne se rendent pas compte du niveau requis, alors que les plus aisés bénéficient soit de parents qualifiés et investis, qui les aident, soit de parents riches et soucieux de la réussite de leur progéniture, qui leur payent des cours particuliers. Dans les deux cas, ils compensent les manquements de l’éducation nationale.
Je continue à mettre de mauvaises notes quand il le faut, de bonnes notes lorsque c’est mérité. Avec moi, un 20 est véritablement mérité. J’utilise toute l’étendue des notes entre 0 et 20 pour évaluer la qualité des productions des élèves ; si je mettais entre 15 et 20 à tout le monde, à quoi bon noter sur 20 ? Un « nouveau » 15 équivaudrait à un « vrai » 0, tandis qu’un « nouveau » 20 perdrait de sa valeur.
Par ailleurs, lorsque j’étais en maths sup, mon prof de maths nous disait que les profs de lettres étaient stupides de ne pas utiliser tout l’intervalle des notes entre 0 et 20, puisque cela réduisait le poids de leur matière. Ainsi, le major de français aurait 16, alors que le major de maths aurait 20. À coefficient égal, le major de français serait désavantagé par rapport à celui de maths. Cependant, je verse là dans des considérations plus statistiques qu’autre chose, sans lien avec notre discussion…
 
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Réactions: Romuald et Gwen
Anecdote 1 : j'ai transcrit sur ordinateur les journaux de mon grand-père et de mon arrière grand-mère, de bons bourgeois je vous l'accorde. Mais outre une écriture parfaitement lisible plus de 100 ans après même si l'encre violette avait un peu passé, j'ai du faire par inattention plus de fautes en transcrivant qu'eux en écrivant (spoiler : aucune repérée chez l'aïeule, deux ou trois chez l'aïeul)

Anecdote 2 : feu mon père nous racontait que dans les années 30, pour un de ses profs, '19/20 c'est pour le professeur, 20/20 c'est pour le bon Dieu' (oui, il était dans le privé)

Anecdote 3 : en seconde, dans les années 70, j'ai eu un prof de français qui nous a averti dès le début : à partir de 5 fautes grossières, genre accord mais pas faute d'accent, la note officielle sera au maximum 2, mais vous aurez à côté la note 'zéro faute' si votre copie mérite plus. J'aime autant vous dire qu'on faisait gaffe.

Anecdote 4 : années 2000, au boulot. 'Dis donc collègue, tu pourrais au moins passer le correcteur orthographique sur tes mails, tu fais plus de trois fautes idiotes par ligne'. Le collègue : 'qu'est-ce que ça peut te faire, tu as compris ce que je voulais dire, non ?'.

Etait-ce pour autant mieux avant ? surement pas, il ne s'agit la que de cas particuliers.
 
qu'est-ce que ça peut te faire, tu as compris ce que je voulais dire, non ?
On me la fait (trop) souvent. Ou alors "Ouais, t'as compris / t'as capté". Comment dire...
 
Par ailleurs, la langue permet, comme l'affirme très bien @Moonwalker, de s'élever au-dessus de l'animal : sinon, comment distinguer l'homme du singe ? Le singe est aussi doué d'émotions, sait manipuler les outils, ressemble physiquement à l'homme et communique avec ses congénères. Nombre d'animaux suivent même des rituels codifiés, comme les cimetières chez les éléphants ; ces derniers sont conscients de la mort et rendent hommage à leurs disparus. Seulement, ni le singe ni les éléphants ne connaissent l'écriture ni la culture. L'homme, lui, est un être de culture, puisqu'il transforme son environnement pour le façonner à son goût et pour l'adapter à ses besoins. Il en va de même pour la langue : c'est une construction, certes, purement artificielle, mais qui permet à l'homme de s'affirmer contre les bêtes.
On en a un peu marre de l’homme qui s’affirme contre les bêtes…
 
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Réactions: thebiglebowsky
Vous prenez tout au premier degré !
Le singe (…) sait manipuler les outils
Veronika, une vache autrichienne, utilise un lave-pont avec sa gueule pour se gratter. Elle utilise soit le manche soit la brosse pour ses séances de grattage !
 
L'homme, lui, est un être de culture, puisqu'il transforme son environnement pour le façonner à son goût et pour l'adapter à ses besoins.
Alors, qu'on me dise pourquoi ma bande de matous a toujours l'art de s'accaparer mon meilleur fauteuil pour faire la sieste ? :joy:
Serait-ce dire "qu'ils adaptent leur environnement pour le façonner à leur goût et pour l'adapter à leurs besoins ?" :sweat_smile: