Si on s'était rencontré à Courtrai en 1302, et bien, tu sais, le flamand il t'en aurait mis plein la tronche !!!!
Quant à mon français "mal crotté", note quand même que je suis quadrilingue ... Alors, tu m'excuseras de ne pas connaître les subtilités de chaque langue que je pratique - bien entendu, à l'exception du flamand !
Non mais ! ... ...
À l’armée, j’étais le roi de l’esquive, alors avant d’aller m’embourber dans vos fossés, j’aurais laissé les autres passer en premiers. J’ai acquis un côté « caporal Blutch » à force de fréquenter la littérature illustrée belge dans ma jeunesse.
Sinon, oui, ce pauvre
@Dead head que par ailleurs j’aime beaucoup en prend un peu fort. Mais comme je l’ai dit, ça me rend un peu dingue cette idée que l’orthographe est un privilège, que le savoir est un privilège. C’est une honte de dire des trucs pareil et de définir des politiques qui sanctionnent cet état. On s’étonne qu’ils rejettent la France ? Mais elle leur est confisquée.
J'étais un cancre de l’orthographe et cela n’avait rien à voir avec les règles absconses [moi aussi j’aime bien ce mot] ou un quelconque milieu privilégié. Je suis le descendant de paysans italiens, d’ouvriers, d’employés. Dans ma famille, on aimait lire. Je n’ai eu aucune difficulté particulière à apprendre à écrire. J’étais bon en expression écrite mais je me prenais des tôles en dictée. Je n’avais aucune difficulté en grammaire ou en conjugaison. J’assimilais parfaitement les règles, même les plus abstraites [c’est cadeau] mais au moment d’écrire je suis tellement accaparé par ma pensée que je n’en tiens plus compte. Cela a continué au collège et même en faculté, il fallait que je fasse très attention. Déjà à l’époque, je n’étais pas une exception, c’est ce qui me sauvait. Même aujourd’hui sur MacG, il faut que je relise plusieurs fois mes posts pour effacer ces « coquilles ».
Une réforme de l’orthographe n’y aurait rien changé. Quand tu oublies d’appliquer les règles, des règles que tu connais la plupart du temps, qu’importe de changer les dites règles. Tu feras toujours ces étourderies. [j’ai oublié un l à Joachim du Bellay]
J’ai connu un camarade de classe au collège qui ne faisait jamais de fautes. Il n’avait pas ma facilité de rédaction mais il écrivait sans accroc. L’orthographe lui était naturel. Lorsqu’il voyait un mot écrit il l’assimilait pour toujours. C’était son don. Pourquoi le déprécier ?
En fait, personne n’a l’orthographe innée, comme personne ne joue une sonate de Beethoven sans apprendre le piano. Il faut « faire ses games ». Il faut écrire, écrire, encore et toujours écrire. Certains seront des virtuoses, d’autres d’honnêtes pianistes.
Il est amusant de voir si les arguments proposés par monsieur Faguet dans son texte de 1905 sont les mêmes arguments que nos thuriféraires [c’est du gréco-latin] de l’orthographe réformée.
Faguet : « il faut simplifier, c’est-à-dire rendre plus facile l’étude de la langue
aux enfants et aux étrangers. Quelles sont les plus grosses difficultés ? Ce sont celles qui nous sont indiquées :
par les incertitudes des enfants, déjà assez avancés dans l’étude de la langue, devant un mot ;
par nos propres hésitations, à nous, gens habitués à écrire, devant un mot, souvent très usité ; enfin
par l’effort même de la langue tendant à se débarrasser de certaines gênes et
portant toujours son effort, depuis trois siècles et demi, du même côté et dans le même sens.
Ces plus grosses difficultés sont au nombre de deux :
les mots tirés du grec et les lettres doublées. Cela me suffit et c’est un assez gros morceau. »
En 1990, on a ajouté l’accent circonflexe.
Les enfants d’aujourd’hui, issus des enfants de jadis, ne sont pas plus ou moins idiots. Si leurs aïeux ont pu survivre à deux guerres mondiales et à l’apprentissage de l’orthographe, gageons qu’ils devraient s’en sortir hors cas de guerre mondiale (cette fois-ci définitive). Pourtant c’est bien à eux qu’on prétendait rendre service.
Les étrangers. Qu’importe. Est-ce que les Anglais ont abolis leurs verbes irréguliers, est-ce que les Allemands ont arrêté les déclinaisons grammaticales, les majuscules aux noms, ont changé le genre de leurs tables ? Pourtant on nous vendait un progrès de la francophonie après cette réforme. Tout d’un coup le français allait se révéler aux monde. Comme je l’ai déjà signalé, la langue de Ronsard et Du Bellay était la première langue étrangère parlée dans les cours européennes aux XVIIe et XVIIIe siècles.
Non, la réforme prônée en notre temps n’était là que pour sanctionner la faillite d’un enseignement sans contrainte, et sans moyens, une dépréciation de l’effort au profit d’une condescendance de classe matinée de sociologie. « Les pauvres, ça ne peut pas. Il faut les aider, alléger leur fardeau, parce que nous sommes les
bons et puis ils n’en ont pas forcément besoin ». Las ! Rien n’y fit. Malgré la « Réforme » et la mansuétude des correcteurs, les « cancres orthographiques » sont restés tels qu’en eux-même. Au bout du bout, ils ont trouvé mieux que réformer l’orthographe, ils ont réformé la note. À l’école des fans, tout le monde a gagné (merci Jacques Martin). À l’école de la vie, tout le monde a perdu. Car dans le monde du travail, l’orthographe reste un facteur discriminant, au même titre que la tenue vestimentaires, l’expression orale et la civilité.
A
@Louisjoudig et
@Moonwalker
Ceci dit en toute amitié, je vous trouve quand même légèrement imbus de vos personnes ... l'un qui juge ses élèves sur leur apparence et leurs manières, qui corrige à tout va, et l'autre qui s'énerve et trépigne dès que quelqu'un n'est pas d'accord avec lui ...

En fait, vous êtes des "sachants convaincus et discriminants", ce qui est loin d'être une tare, je vous rassure !
Vous devez être malheureux d'être entourés d'ignares, que ce soit dans vos vies ou même ici - Mais bon, comme on dit chez nous : "Faut faire avec" ...
Tu te trompes. Au contraire, c’est cette volonté de « simplifier »
de force qui est discriminante. Ce qui nous révolte, c’est le gâchis, voire le vol, par la confiscation du savoir, et pire, ce discours qui présente l’effort et l’exigence comme des incongruités, des handicaps sociaux.
Une société qui n’est pas vouée à faire mieux est condamnée au déclin.
J’ai de l’admiration pour
@Louisjoudig qui continue à combattre les moulins à vent de l’EN. J’ai lâché l’affaire il y a bien longtemps car je ne pense pas que j’aurais survécu.
Quant à mon énervement (relatif) vis-à-vis de Dead head, c’est cette phrase qui constitua comme un chiffon rouge à mes yeux :
l’orthographe française est en partie faite pour distinguer les sachants des autres.
Les sachants d’aujourd’hui étaient les ignorants d'hier. Dans ce que vous proposez, il n’y aura demain plus que des ignorants.