rezba a dit:Ah, on y est ! Not In My BackYard, comme disent les anglais.
Saint Romain est joli, typique, tout ce que tu veux. Enfin c'est pas une perle, quand même. J'ai vécu vingt ans dans les "pierres dorées", et il y a dans la vallée de l'Azergues des villages autrement plus beaux que Saint-Romain au Mont d'Or.
rezba a dit:Si les habitants de St Romain pouvaient faire gicler Hermann, il le ferait. Sauf que le siège social de son groupe, Serveur, est à Saint Romain....![]()
rezba a dit:L'art ne dépend pas d'un point de vue esthétique. C'est là son paradoxe.
Je ne pense pas.boddy a dit:Certe, mais l'art est fait pour être vu et non être imposé.
rezba a dit:Ah, on y est ! Not In My BackYard, comme disent les anglais.
Saint Romain est joli, typique, tout ce que tu veux. Enfin c'est pas une perle, quand même. J'ai vécu vingt ans dans les "pierres dorées", et il y a dans la vallée de l'Azergues des villages autrement plus beaux que Saint-Romain au Mont d'Or.
Mais la question n'est même pas là. L'art se pose où il veut.
Ben a posé sa maison où il voulait. Ben est un artiste, on ne lui reproche pas de vivre en artiste. Et puis, Ben est consensuel, grahiquement parlant.
Danielle Jacqui, à Roquevaire, est aussi consensuelle, à sa façon. Même si elle a du batailler dur pour se faire accepter. Mais aujourd'hui, le festival dont sa maison est le pivot attire du monde. Et Roquevaire ne s'en plaint pas.
Si les habitants de St Romain pouvaient faire gicler Hermann, il le ferait. Sauf que le siège social de son groupe, Serveur, est à Saint Romain....![]()
Ils sont tellement énervés qu'ils n'arrivent pas à profiter des 120 000 visiteurs que la maison attirent à l'année...
Si l'art ne doit vivre que dans les lieux artistiques, alors il n'est qu'une branlicotade de plus. L'art existe là où il est. La maison Picassiette, tous les voisins trouvaient ça au pire laid et inutile, au mieux loufoque et charmant. Aujourd'hui, elle est dans le livre d'éducation civique de ma fille, au chapitre Protection du Patrimoine, à côté de la cathédrale de Chartres.
L'art ne dépend pas d'un point de vue esthétique. C'est là son paradoxe.
TibomonG4 a dit:Ce fut l'objet d'un reportage, il y a quelque temps. Il faut dire que c'est assez gore et que les habitants du petit village sont des personnes d'un certain âge. Je comprends qu'elles puissent être choquées par certaines "sculptures", sachant quel est leur vécu.
D'un point de vue artistique, au début dudit reportage, j'ai hésité entre folie créatrice et fumisterie, j'emploie le terme "fumisterie" pour éviter de faire une entorse à la charte. Après avoir entendu les propos du personnage, j'ai opté pour la deuxième option. Mais je comprends qu'on puisse ne pas être de mon avis.![]()
naas a dit:En fait le problème du garçon, c'est que d'un coté j'ai une approche de l'art totale à savoir que toute entrave à l'art le rend par définition mineur, prisonnier et donc dénaturé, bref brisé et sans message.
Si j'applique donc ce raisonnement à notre ami, il est donc libre de faire ce qu'il veux étant donné que cette liberté est le fondement même de sa création.
-lepurfilsdelasagesse- a dit:Et moi qui naïvement pensait
qu'on allait parler ici du repère de la Horde.
:o
:zen:
pascalformac a dit:" histoire de l'art" chapitre Art Brut ) :mouais:
Est ce de l'Art ou du cochon?
pascalformac a dit:c'est exactement ca
Qu'est ce qui définit l'art?
Qui légitime?
Et concernant la protection-préservation idem
J'ai pas de réponse, c'est un débat qui dure depuis la nuit des temps, et je ne crois pas qu'l existe une réponse universelle.
(Tant mieux d'ailleurs)
Pour tout vous dire, derrière le peu d'intérêt artistique que je trouve dans sa démarche, je suis profondément intéressé par sa posture.pascalformac a dit:Erhmann lui c'est plus compliqué ( et fait intervenir plusieurs artistes)
Ainsi que pas mal d'autres oeuvres détruites au cours des siecles lors de guerres pillages etc.TibomonG4 a dit:D'ailleurs les Bouddhas de Bâmiyân ne se posent plus la question.
rezba a dit:Bref, il est riche, et n'a besoin de personne pour financer ses projets. Il est à la fois le créateur et le mécène.
Donc il se place hors de la logique qui est celle de l'Etat culturel depuis Malraux, justement. Il n'a pas besoin de l'imprimatur ministérielle, il n'a pas besoin de passer par "l'administration du beau et du bien" pour se faire reconnaitre dans le champ artistique.
Et en faisant ça, il dynamite le système de reconnaissance de la création artistique.
rezba a dit:Et comme il ne s'arrête pas là, et qu'il a les moyens d'appuyer là où ça fait vraiment mal, il ne se contente pas de mettre en question la labellisation artistique officielle, il s'attaque au patrimoine et à l'urbanisme. Il ne veut pas que sa maison soit classée, elle serait figée. Il veut que le juge reconnaisse la démarche créatrice, et l'exempte des regles de l'urbanisme, comme le Ministère de la Culture s'exempte des règles patrimoniales et urbanistiques lorsqu'il le souhaite (Beaubourg est construit en contradiction avec toutes les règles d'urbanisme et de protection du patrimoine, par exemple. Et la fontaine de Nikki de Saint Phalle qui est devant aussi. Et le dôme de l'Opéra de Lyon, et tant d'autres....).
Il pose donc une question vitale : un artiste qui ne dépend pas des subsides du Ministère de la Culture a-t-il les mêmes droits qu'un artiste qui en dépend, qui lui doit son existence matérielle ?
En fait depuis je crois la naissance de l'art, il y à provocation, (sauf peut être dans les arts premiers, ou ce n'est même pas considéré par l'artiste comme art mais simplement comme expression, vecteur de communication au même titre que la parole ou les écrits.)Roberto Vendez a dit:.... plein de trucs interessants....
Roberto Vendez a dit:A partir de là, le champs est vaste, et l'art contemporain sera toujours confronté à des profanes crispés et obtus balayant toute idée de débat vu que Picasso c'est un monospace climatisé et que Picasso le peintre y savait pas dessiner et que ma fille de quat' ans e' fait pareil.
:afraid:
![]()
elle est surnomée la maison du fada à marseille, mais maintenant il y a la queue pour y vivre dedans, le corbusier à réalisé à glasgow deux batîments, l'un des deux abrite l'ecole d'architecture, on y retrouve la cheminée de bateau au sommet et les elèves y tiennent à leur building.Roberto Vendez a dit:Concernant l'Art et l'urbanisme, si vous saviez les ennemis que peut avoir encore aujourd'hui la Maison Radieuse de Le Corbusier à Rezé près de Nantes... !
:rolleyes:
tout pareilrezba a dit:Pour tout vous dire, derrière le peu d'intérêt artistique que je trouve dans sa démarche, je suis profondément intéressé par sa posture.
il s'inspire en cela par exemple de ce que les époux maeght, qui eux aussi étaient riches on fait dans le sud de la france, la où je vois divergence, c'est dans le manque d'inspiration artistique qui induit par un jeu de balance une exageration de la provocation, en d'autres termes , le manque de démarche artistique, de créativité, de vrai talent, fait naître une surenchère visuelle qui conduit à cette maison du chaos.Erhmann est riche. Très. Il décide de se proclamer artiste. Et mécène d'artistes. Car effectivement, il invite dans sa "demeure" de nombreux artistes "patentés". Récemment, il co-organisait une des soirées des Nuits sonores. Il avait fait venir une bonne vingtaine de membres de la crème mondiale des taggeurs-grapheurs.
Bref, il est riche, et n'a besoin de personne pour financer ses projets. Il est à la fois le créateur et le mécène.
Il est possible aussi dans sa démarche logique de provocation, qu'étant lassé de voir sa provocation rangée comme futur détour dans un guide touristique quelconque il ai voulu franchir les limites physiques de sa résidence pour etendre sa démarche à la rue et rendre vivante la provocation, comme une coulée de lave maitrisée que les touristes peuvent photographier avec le volcan en arrière plan, et quelques souvenirs en plastique pour la famille, je caricature mais beaucoup d'oeuvres finissent de la sorte....Donc il se place hors de la logique qui est celle de l'Etat culturel depuis Malraux, justement. Il n'a pas besoin de l'imprimatur ministérielle, il n'a pas besoin de passer par "l'administration du beau et du bien" pour se faire reconnaitre dans le champ artistique.
Et en faisant ça, il dynamite le système de reconnaissance de la création artistique.
Et comme il ne s'arrête pas là, et qu'il a les moyens d'appuyer là où ça fait vraiment mal, il ne se contente pas de mettre en question la labellisation artistique officielle, il s'attaque au patrimoine et à l'urbanisme. Il ne veut pas que sa maison soit classée, elle serait figée. Il veut que le juge reconnaisse la démarche créatrice, et l'exempte des regles de l'urbanisme, comme le Ministère de la Culture s'exempte des règles patrimoniales et urbanistiques lorsqu'il le souhaite (Beaubourg est construit en contradiction avec toutes les règles d'urbanisme et de protection du patrimoine, par exemple. Et la fontaine de Nikki de Saint Phalle qui est devant aussi. Et le dôme de l'Opéra de Lyon, et tant d'autres....).
Il pose donc une question vitale : un artiste qui ne dépend pas des subsides du Ministère de la Culture a-t-il les mêmes droits qu'un artiste qui en dépend, qui lui doit son existence matérielle ?