La fille du train de ce matin...
Je l'ai vu arriver par la porte du soufflet. Visage rond et petite bouche charnue. Yeux bleus, cheveux blond un peu crépu et ce béret si seyant. Je me dis : depuis quand on peut passer par les soufflets dans un TER ? Je l'ai prise pour une étudiante. Et je vois l'uniforme gris mais si bien ajusté, la clé carrée dans se frêle main droite et le barda qui ceint ses hanches. Cétait la contrôleuse

Voilà qui change des chauves et des moustachus ! Elle part vers la tête du train, et je sais que je la reverrai.
Une idée... bizarre... Et si je faisais semblant de frauder pour la retenir ? Non. Si. Nooooon. Si ? Meuh, non, voyons, ça te ressemble pas, Fulvio ! Si...
Je vous jure, d'habitude, j'ai pas l'habitude de ce genre de canular

Et je suis bien le plus surpris (et le seul, d'ailleurs) quand je me lance, la gorge sèche et le souffle coupé. L'impression étrange d'agir à la troisième personne. Tu t'observes agir et tu te surprends. Et malgré l'habitude du trajet et ses repères, il est impossible de tenir un compte précis du temps. Cinq minutes, je pense. Peut-être trois fois moins, peut-être deux fois plus. Le problème, c'est qu'à mi-chemin, j'ai compris qu'il serait beaucoup plus difficile que prévu d'en venir à la fin. Surtout à l'arrêt à Rives, où la rame se remplit d'un coup d'un huitième jusqu'à la moitié... Que la chute serait bien plus dure que prévu.
Et elle l'a été.
30 de prunes pour, je cite, entrave à l'exercice de la fonction d'un agent du service public :casse:
Je l'aime :love:
Nan, tous ça c'est des conneries, j'ai juste osé la regarder dans ses yeux bleus quand j'ai tendu mon titre de transport, malheureusement en règle