Pour les profs

  • Créateur du sujet Créateur du sujet Lamar
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Je ne suis pas sûr que les dérives que tu décris soient dues aux sciences de l'éducation : c'est de la politique, de façon à réduire les dépenses (notamment de personnel) et à modifier le thermomètre pour améliorer les résultats, notamment dans les enquêtes internationales. Les sciences de l'éducation ne sont que l'arbre qui cache une forêt dans laquelle nos élèves/enfants vont se perdre. Car si je ne suis pas d'accord sur l'objet de ton courroux, je partage entièrement ton analyse sur les résultats que cela va engendrer. Au grand profit de ceux qui nous gouvernent, qui n'ont pas besoin de citoyens, mais d'électeurs.
 
Moi, je suis assez d'accord avec Le Docteur… que de temps perdu en réunions bla bla.

Que ces heures, on nous les donne pour bosser avec nos élèves. Remettre ses méthodes en cause, se renouveler, bosser… ça ne se fera jamais par 10 pages à cocher qui tombent des ministères.

Moi, je bosse avec des collègues que j'aime… sur des sujets qui nous intéressent… et en toute liberté. Le reste, c'est de l'enculage de mouches (expression fort grossière, j'en conviens, mais qui me plaît beaucoup).
Un copain m'a raconté sa journée banalisée au lycée "réforme des lycées" : une journée de foutue… blabla !

J'suis fatigué… au lit !
 
L'origine est double.
D'une la logique gestionnaire qui monte en puissance, mais aussi les délires de pseudo-sciences démagogiques. Je les ai vu monter. Je les trouvais déjà dangereuses quand elles n'avaient pas pignon sur rue, aujourd'hui elles ont détruit l'éducation en France et elles arrivent tous les ans, contemplent leur massacre et disent : vous voyez que les anciennes méthodes ne marchent pas. Ca suffit ! Soyons clair : la fin des IUFM est un bien, mais les néo-titulaires devraient être formés "à l'ancienne" : six heures de cours DANS LES CLASSES d'un professeur expérimenté et, régulièrement, des cours fait par le stagiaire. Le reste : préparation des cours, qui lui donneront une base saine pour les années à venir. Car on ne peut pas préparer UN SEUL cours avant d'avoir vu comment ça se passe.
Bref ! Prof, ça s'apprend, et pas avec des débranchés qui ne mettent plus un pied en cours.

Imaginez le temps que mettront les prochains néo-titulaires à être dans le bain : 10 ans ??? Quand ils ne se feront pas "écharper" direct. De plus en plus, dans les collèges, des gamins s'amusent à se "faire" du néo-tit. Ca les amuse, et ça devient un jeu...

Pour mettre les néo-titulaires au boulot directement on recule d'un paquet d'années le moment où ils trouveront une vitesse de croisière, deviendront "efficaces" et, accessoirement, sortiront la tête de l'eau...
 
Soyons clair : la fin des IUFM est un bien, mais les néo-titulaires devraient être formés "à l'ancienne" : six heures de cours DANS LES CLASSES d'un professeur expérimenté et, régulièrement, des cours fait par le stagiaire. Le reste : préparation des cours, qui lui donneront une base saine pour les années à venir. Car on ne peut pas préparer UN SEUL cours avant d'avoir vu comment ça se passe.
Bref ! Prof, ça s'apprend, et pas avec des débranchés qui ne mettent plus un pied en cours.

Mais cette logique est purement gestionnaire, elle est peut-être habillée de pseudo science de l'éduc, mais cela n'a rien à voir. Le but est de faire des économies. L'argent au coeur du système. Cela se met en place depuis très longtemps, lentement d'abord, plus rapidement de nos jours, ce qui fait que cela apparait de plus en plus clairement, même aux non-initiés.
Par contre, tu fais une erreur, ces néo-titulaires feront un stage en n-1 dans les établissements, cela permettra de trouver des remplaçants à pas cher.

Imaginez le temps que mettront les prochains néo-titulaires à être dans le bain : 10 ans ??? Quand ils ne se feront pas "écharper" direct. De plus en plus, dans les collèges, des gamins s'amusent à se "faire" du néo-tit. Ca les amuse, et ça devient un jeu...
Pour mettre les néo-titulaires au boulot directement on recule d'un paquet d'années le moment où ils trouveront une vitesse de croisière, deviendront "efficaces" et, accessoirement, sortiront la tête de l'eau...

Là encore, pas tout à fait d'accord avec : à mon avis ce système permet d'être assez rapidement "efficace" (terme employé à dessein, le but est d'être efficace, dans le sens pas de vague et les bonnes cases cochées au bon moment). Si on te jette dans le grand bain quand tu ne sais pas nager, il y a deux solutions : tu te noies ou tu nages ! La sélection naturelle permettra d'avoir des profs qui sauront "garder" (dans le sens de tenir) leur classe. Comptons sur nos chères têtes blondes pour accélérer ce phénomène. Il va y avoir de la casse, c'est sûr, mais ceux qui s'en sortiront seront parfaitement dans le moule actuel qui veut que l'on fasse de la garderie, sans faire de vague, surtout, pas de vague.
Et c'est là qu'on voit que les sciences de l'éducation n'ont que peu de choses à voir avec tout ça. A mon avis. ;)
 
L'origine est double.
D'une la logique gestionnaire qui monte en puissance, mais aussi les délires de pseudo-sciences démagogiques. Je les ai vu monter. Je les trouvais déjà dangereuses quand elles n'avaient pas pignon sur rue, aujourd'hui elles ont détruit l'éducation en France et elles arrivent tous les ans, contemplent leur massacre et disent : vous voyez que les anciennes méthodes ne marchent pas. Ca suffit ! Soyons clair : la fin des IUFM est un bien, mais les néo-titulaires devraient être formés "à l'ancienne" : six heures de cours DANS LES CLASSES d'un professeur expérimenté et, régulièrement, des cours fait par le stagiaire. Le reste : préparation des cours, qui lui donneront une base saine pour les années à venir. Car on ne peut pas préparer UN SEUL cours avant d'avoir vu comment ça se passe.
Bref ! Prof, ça s'apprend, et pas avec des débranchés qui ne mettent plus un pied en cours.

Imaginez le temps que mettront les prochains néo-titulaires à être dans le bain : 10 ans ??? Quand ils ne se feront pas "écharper" direct. De plus en plus, dans les collèges, des gamins s'amusent à se "faire" du néo-tit. Ca les amuse, et ça devient un jeu...

Pour mettre les néo-titulaires au boulot directement on recule d'un paquet d'années le moment où ils trouveront une vitesse de croisière, deviendront "efficaces" et, accessoirement, sortiront la tête de l'eau...


Rien à rajouter... Tout d'accord !
Lamar n'est pas en désaccord c'est vrai... mais je suis plus sceptique sur la théorie de la sélection naturelle... Même pas sûr que ce soit une volonté de la part de nos dirigeants. Par contre tout à fait OK en ce qui concerne la place des économies budgétaires dans ce système. je pense même que tout est né là : "Comment peut-on économiser x% de postes... allez au boulot !"
 
Vu l'importance du budget de l'EN, penser à des économies n'a rien de tabou (surtout si l'on y rajoute les "à coté" des régions et départements....).
Par contre, malheureusement, les économies ne sont pas réalisées au bon endroit: en allégeant la bureaucratie (un prof - 1 administratif actuellement.... nous avons donc tout un "ange gardien") et en chassant les gaspillages (qui a dit "TBI" ?) et autres "générateurs à air chaud"*.... Vouloir économiser sur les "forces vives" (les profs, ces êtres étranges qui font face aux élèves) est suicidaire...

Je partage (et amplifie) les avis de mon confrère quant au pseudo-sciences de l'éducation, ces horreurs nous gratifient du fameux "socle commun" (stéle commune, oui, annotée "ci git l'enseignement des savoirs moribonds") et de leur "grilles" à répéter comme un mantra "as tu validé le pilier 3, alinéa 7, compétence 8c ?".
Comme je rédige un nouveau manuel gratuit de SVT pour les secondes, cette fois, j'ai lu attentivement le nouveau programme paru le 29 avril: recommandations permanentes à "ne pas approfondir", "ne pas détailler", "ne pas expliquer".... En gros: ne rien apprendre aux enfants, et les laisser "exprimer" et "débattre" leurs conceptions initiales, qui vont d'ailleurs le rester...

* générateur à air chaud: Pour certains TP de chromatographie, on sèche les plaques avec un sèche cheveux. Impossible de faire acheter un sèche cheveux à Carrefour: l'administration supposera qu'il est pour vous, ô spoliateur du bien public! Aussi, les catalogues de fournisseurs de matériel "éducation nationale" proposent t'ils des sèches-cheveux sous le doux nom de "générateur à air chaud", pour, bien entendu, des tarifs allant du double au triple de la grande distribution...
 
Aussi, les catalogues de fournisseurs de matériel "éducation nationale" proposent t'ils des sèches-cheveux sous le doux nom de "générateur à air chaud", pour, bien entendu, des tarifs allant du double au triple de la grande distribution...

"Pas assez cher, mon fils !"

Tu ne crois quand même pas que les "économies" vont se faire sur le dos de ces fournisseurs, qui appartiennent tous à la clientèle politique de ton ministre de tutelle, et de ses supérieurs ? :siffle:

Grand naïf, va ! :D
 
Évidence apparemment trop simple pour nos chers chercheurs en "science de l'éducation" (voilà des économie à faire) : on ne peut pas s'exprimer à partir de rien -> Si on ne leur apprend rien il ne risque pas de s'exprimer. Ou alors ça donnera des choses aussi passionnantes que dans "Entre les murs" : "moi j'aime telle équipe de foot, mais j'aime pas telle autre équipe..." OK!
Le mot "expression" n'est plus un mot mais une formule magique. C'est un peu comme "concret" que les gamins confondent à loisir avec "vrai", "réel" et surtout, utilise comme un couperet absolu. Idem pour "utile" ou "inutile". Etc.

Il faut absolument sortir les gamins de ce genre de logique. Il faut donc approfondir, expliquer, faire comprendre.... Bref ! Tout ce qui ne vaut rien. On explique comment à un chercheur en science de l'éduc la différence entre "comprendre" et "apprendre" ???

J'ai un gamin dans mes classes qui n'apprend que ce qu'il comprend. Il a parfaitement raison. Mais pas pour le système scolaire qui ne connaît que le psittacisme ou le "je donne mon opinion"...
Le cours de philo lui donne l'occasion de s' "exprimer", c'est-à-dire ici résoudre les problèmes qu'on lui pose. Et apparemment il trouve ça tout à fait intéressant. Il s'exprime en pensant, non en disant ce qu'il pense. Imaginez-le en maths, à l'heure actuelle : le prof n'ayant pas le temps (et pas le droit) de lui expliquer tout, il lâche prise... Forcément. Le problème c'est qu'on s'est adapté à une majorité de gamins qui ont fini par réclamer des maths où l'on ne fait qu'appliquer. Résultat : des gamins qui pourraient aller loin à leur rythme et devenir véritablement compétents dans les matières qu'ils utilisent sont laissés de côté. Par contre les cours-animations, les sorties, etc, là c'est essentiel.


Et si certains gamins ne s'emmerdaient pas dans une classe, s'ils appréciaient qu'on leur explique vraiment et qu'on leur donne le temps de comprendre par eux-mêmes (en participant, à l'ancienne, c'est-à-dire en demandant à répondre) ? Si certains gamins appréciaient l'abstraction, le fait de fonder un raisonnement ? Il y en a encore, heureusement, mais entre les cours animations et les séances de psittacisme, ils ont du mal à s'épanouir ceux-là.

Je fais des cours "à l'ancienne" et apparemment je ne passe pas pour une vieille baderne et les élèves peuvent s' "exprimer" ... Pourquoi tout ce cirque... ? Qu'on nous laisse faire notre boulot, ça suffit. Et pitié pour tous les élèves qu'on gâche avec ces conneries...

---------- Nouveau message ajouté à 19h40 ---------- Le message précédent a été envoyé à 19h27 ----------

"Pas assez cher, mon fils !"

Tu ne crois quand même pas que les "économies" vont se faire sur le dos de ces fournisseurs, qui appartiennent tous à la clientèle politique de ton ministre de tutelle, et de ses supérieurs ? :siffle:

Grand naïf, va ! :D

Un jour j'ai eu un catalogue de ce genre sous le nez, j'ai eu les cheveux qui se sont dressés sur la tête en lisant les prix... je croyais que c'était la date...
 
Un jour j'ai eu un catalogue de ce genre sous le nez, j'ai eu les cheveux qui se sont dressés sur la tête en lisant les prix... je croyais que c'était la date...

La seule et unique finalité de ces organismes est d'enfourner la plus grande partie possible de l'argent public dans les poches de quelques acteurs privés, pas de fournir un quelconque service ! :mouais:
 
Je continue à penser que vous vous trompez en pensant que les sciences de l'éduc sont responsables des nouveautés pédagogisantes, comme le socle commun et autres compétences. Le socle commun est une décision européenne, elle n'est mise en place que maintenant en France, mais c'est une décision qui date de plusieurs années. Après que les sciences de l'éducation ait aussi des aspects négatifs, je suis bien d'accord, mais ne jetons pas tout, surtout en se trompant de cible.
 
elles ont servi d'alibi, d'accord. Mais elles ont servi parce qu'elles étaient prêtes à servir. Elles participent d'une démagogie consumériste et sont truffées de médiocres avides de crédit. Je vous le dit : je les ai vu prendre le pouvoir et ce que j'ai vu c'est un coup d'état de mediocres aux dents longues. Ces "disciplines" avaient tout pour servir elles étaient donc toute indiquées pour servir d'avant-garde pour les gestionnaires. Elles et un certain syndicat, ont été bien utiles.
 
Loin de moi l'idée de vouloir m'immiscer, mais à vous lire, là, j'ai l'impression que vous ne parlez pas de la même chose, l'un parlant de la chose elle même, et l'autre parlant de l'usage … disons "technocratique" qui en est fait par certains :siffle:

Ls sciences de l'éducation, je pense qu'elles doivent être comme toutes les autres sciences, neutres, c'est l'usage qu'on en fait qui les rends utiles ou nuisibles, non ? :heu:
 
La question est de savoir si les "sciences de l'éducation" sont des sciences. Personnellement, je ne le crois pas, non que les études dites de "sciences de l'éducation" relèvent systématiquement du charlatanisme, mais du fait qu'il conviendrait bien plutôt de parler de "sciences humaines appliquées au domaine de l'éducation", ce qui est très différent. Associer, dans une même étude, sciences cognitives, sociologie et histoire, n'a rien d'anti-scientifique en soi. Cela suffit-il pour autant fonder une nouvelle science ? Par ailleurs, le fait est que beaucoup de travaux en "sciences de l'éducation" ne respectent pas les critères minimaux qui permettraient de leur attribuer une dimension scientifique au regard d'une épistémologie un tant soit peu exigeante, mais relèvent plutôt de l'idéologie (Bourdieu) ou de l'auto-justification (des élèves de Philippe Meirieu commentant les écrits de Meirieu ou des écrits sur les écrits de Meirieu...).

Exemple qui me semble probant : la disqualification de la mémoire et de toute forme de "par cœur", au nom d'une psychopédagogie spéculative qui y voyait "l'intelligence des imbéciles", et qui est devenue une sorte de vulgate pseudo-scientifique depuis les années 60-70, alors même que les travaux de psychologie cognitive expérimentale contemporains allaient dans le sens inverse et mettaient en évidence l'association consubstantielle de la mémoire et de l'intelligence.
 
Exemple qui me semble probant : la disqualification de la mémoire et de toute forme de "par cœur", au nom d'une psychopédagogie spéculative qui y voyait "l'intelligence des imbéciles", et qui est devenue une sorte de vulgate pseudo-scientifique depuis les années 60-70, alors même que les travaux de psychologie cognitive expérimentale contemporains allaient dans le sens inverse et mettaient en évidence l'association consubstantielle de la mémoire et de l'intelligence.

tes 5 lignes ont suffit pour me filer un mal de crâne…



En français ça donne ?
 
Ça donne que alors même que la "mode" était à la disqualification de la mémoire sous prétexte que cela ne nécessitait pas d'intelligence (la mode étant à la construction du savoir par l'apprenant), les recherches scientifiques prouvaient le contraire, en associant intelligence et capacité de mémorisation.

Ceci dit je suis assez d'accord avec Pascal, pour dire qu'une science n'est pas mauvaise en elle même, c'est l'usage que l'on en fait qui peut être mauvais.
 
Ça donne que alors même que la "mode" était à la disqualification de la mémoire sous prétexte que cela ne nécessitait pas d'intelligence (la mode étant à la construction du savoir par l'apprenant), les recherches scientifiques prouvaient le contraire, en associant intelligence et capacité de mémorisation.

Ceci dit je suis assez d'accord avec Pascal, pour dire qu'une science n'est pas mauvaise en elle même, c'est l'usage que l'on en fait qui peut être mauvais.

:zen:
 
Très bonne traduction de Lamar. Désolé pour le mal de crâne. Ceci dit, je ne comprends pas davantage lorsque tu parles de la bourse et de tes techniques de trader, Hal : c'est bien trop pointu pour moi ! Et si tu comptes bien, cela faisait 4 lignes, et non 5... :zen:
 
Très bonne traduction de Lamar. Désolé pour le mal de crâne. Ceci dit, je ne comprends pas davantage lorsque tu parles de la bourse et de tes techniques de trader, Hal : c'est bien trop pointu pour moi ! Et si tu comptes bien, cela faisait 4 lignes, et non 5... :zen:

Avec ce genre d'erreur on comprend mieux pourquoi les bourses se cassent la figure en ce moment et que certains traders vendent pour des milliards au lieu de millions. :D

(désolé, Hal, trop tentant, je n'ai pas résisté ;)).