<blockquote><font class="small">Posté à l'origine par thebiglebowsky:</font><hr />
J'ai de vrais amis (en chair et en os et pour la plupart plus en chair qu'en os ! ), une vie familiale et sociale satisfaisante, des activités nombreuses en dehors du monde de l'informatique, un intérêt limité pour le Web, pas ou peu de moments de solitude où le besoin de communiquer, même virtuellement, se ferait pressant...
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Parmi les deux ou trois petites choses formidablement intéressantes que je n'ai pas eu le temps de dire plus haut, il m'a semblé bon de relever cette citation de thebig. En dehors de l'autosatifaction manifeste de notre ami belge, elle a le mérite de brosser, par antithèse, un étrange portrait du « posteur type » :
1) Il a peu ou pas d'amis.
2) Sa vie familiale, voire affective, est proche du désastre.
3) Sa vie sociale est pratiquement inexistante.
4) Ses activités physiques et cérébrales se limitent à Medal Of Honor ou Jedi Outcast.
5) Il passe néanmoins trop de temps sur le net.
6) Il est, la plupart du temps, solitaire et ressent un impérieux besoin de communiquer avec autrui. Ce qui n'est pas sans contradiction avec les points n° 4 et 5 ci-dessus...
Ahem. Il y a des portraits plus flatteurs.
Et surtout plus justes. Car, une fois encore et je m'en excuse par avance tout n'est pas aussi simple que cela. Il se trouve qu'à une ou deux exceptions près, aucun des posteurs que je « connais » ne répond à ces critères. La plupart d'entre eux ont une vie sociale raisonnablement satisfaisante (bien qu'on puisse longuement s'interroger sur ce qui est proprement « satisfaisant » aux yeux des uns et des autres), et ne semblent pas souffrir d'une solitude pouvant conduire au désespoir. Je dis bien « ne semblent », car, au fond, rien n'est moins sûr. Mais je n'ai pas non plus de raison de douter de la parole donnée...
Ce que je trouve véritablement intéressant dans le propos de thebig, c'est qu'il participe à diffuser l'idée selon laquelle la communication numérique repose le plus souvent sur un mal-être supposé de ceux qui la pratiquent. En gros, il ne faut pas que ça aille très bien dans le cur ou dans la tête pour en être réduit à ça... Or, cette idée est non seulement fausse, mais elle est aussi dangeureuse. J'estime en effet malsain de considérer, même inconsciemment surtout inconsciemment tout un chacun comme un « pauvre type ». Je me refuse à croire que le monde virtuel n'est rempli que de mal-baisés et de mauvais coucheurs en quête d'un quart d'heure de causette furtive. Il y en a : j'en connais. J'insiste seulement sur le fait que je me « refuse » à le croire : j'ai trop de tendresse pour voir le malheur partout quand bien même il y serait...
Alors, après tout, pourquoi poster dans le bar ? Pour faire mumuse, pour briller cinq minutes aux yeux d'un public facile, pour affirmer une face cachée de soi qu'on a peine à montrer à tous ceux du dehors ? Je n'en sais foutre rien. Que celui qui connaît la réponse jette la première pierre.