vivre et travailler en europe

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naas

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29 Octobre 2003
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:coucou: les gens (et les autres aussi :D )

Cela fait fait maintenant une dizaine d'année que je travaille plus avec des anglophones que des francophones (y compris en france :heu: ), dans quelques pays d'europe et ce pour mon plus grand plaisir je dois dire :) .

Naturellement ma vision de l'europe s'en est trouvée changée, de franchouillard je suis peu à peu devenu européen ;)

Il y a t'il beaucoup de personnes travaillant dans un autre pays ? soit par une société nationale pour des courtes missions, voir réunions, avec un contrat d'expat, ou bien simplement dans une société du pays d'accueil ? et en quoi cela à changé votre vision de l'europe et d'une manière plus générale des gens :)
 
Bonjours Naas.

Depuis 1995 j’alterne les périodes de travail à l’étranger et les séjours en France. A l’étranger je boss pour une organisation internationale pour des périodes minimal d’un an et toujours sur des terrains en crise (Tchétchénie, Afghanistan, Irak etc.) et je laisse ma petite famille en France. J’ai en effet constaté que le temps passant, je me suis de plus en plus ouvert aux autres cultures mais je me suis rendu compte très tard qu’en même temps je ne comprenais plus très bien la mienne. Je devenais « apatride ». En mission je vie l’actualité en directe et j’écoute les analyses sur la BBC, je partage les quelques joies et les grandes peines avec les citoyens des pays où je vie. Le grand tournant pour moi a été 2001-2002. En rentrant d’Afghanistan, beaucoup de choses avaient changées en France. La TV réalité était devenue une réalité que je ne comprenais pas, les info étaient partisanes et orientées, filtrées. Un fossé s’était creusé entre mes racines et moi-même. Après la guerre d’Iraq j’ai fais une pose pour combler ce fossé et renouer avec les miens. Aujourd’hui, je me sens isolé du monde de « dehors » de la France, je n’écoute plus la BBC, je perds mon anglais, je m’occupe des miens et de mon jardin et … j’étouffe.

Cela me rappelle ce texte de Platon (je crois) sur les trois personnages habitant une grotte.

Ce message n’est peut être pas dans le ton de ce que tu souhaites, mais c’est mon combat intérieur du moment. Peut-être aurais-je dû poster dans "les villes de grandes solitudes"


Peter
 
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Réactions: naas
Pitt a dit:
....Je devenais « apatride ». En mission je vie l’actualité en directe et j’écoute les analyses sur la BBC, je partage les quelques joies et les grandes peines avec les citoyens des pays où je vie.......La TV réalité était devenue une réalité que je ne comprenais pas, les info étaient partisanes et orientées, filtrées. Un fossé s’était creusé entre mes racines et moi-même.
j'ai et je vis ceci au quotidien, il est très étrange de voir comment un même sujet est traité de manière différente par les médias selon leur pays, un tour sur les sites des principaux journaux donne une idée de ces differences qui tournent parfois à la désinformation :heu:

Aujourd’hui, je me sens isolé du monde de « dehors » de la France, je n’écoute plus la BBC, je perds mon anglais, je m’occupe des miens et de mon jardin et … j’étouffe.
pour l'anglais ne t'en fais pas cela revient vite, ça c'est pas trop un soucis :D pour le sentiment d'etouffement là c'est plus problèmatique, beaucoup d'expats vivent des retours douloureux, un sentiment de sous utilisation si je puis dire, comme me disait un copain DRH d'un grand groupe pétrolier français, le principal problème n'est pas de partir mais bien "l'atterissage" (la formule est de lui :D ), le retour au bercail, qui doit être soigneusement préparé sous peine de non intégration

... Ce message n’est peut être pas dans le ton de ce que tu souhaites,
la par contre tu fais ce que tu veux :D
 
ben, dans mon cas je travaille beaucoup avec l'espagne du nord autrement connu sous le nom de Catalogne du sud.....donc pour l'europe c'est pas gagne.....meme pour le cote franchouillard....
en fait,vivant en "Catalogne du nord" je serait devenu plus Catalan qu'autre chose..... :D :D :D

ps: bien que pas du tout catalan a la base.......mais provencal......
 
Cette période s'est un peu tassée, mais j'ai eu trois ans de relations de boulot très fréquentes avec cette catalogne dont Stook parle. Plusieurs jours par mois. Je n'avais pas de réels sentiments d'étrangeté. Plutôt d'une réelle osmose entre les deux côtés de la frontière sur beaucoup de points, et dans beaucoup de discussions.
Le seul vrai choc, pour moi, reste celui de la ville. Barcelone est si singulière. Et celui du rythme de travail, aussi, qui leur est très propre. Ils bossent beaucoup, avec de grosses coupures dans la journée, une gestion du sommeil et des plages de nourriture très différentes. Une organisation à la fois très productive, et très "ludique".
Peut-être est-ce la fascination que j'entretiens pour la capitale catalane, mais, en tout cas, je ne me suis jamais senti plus européen que dans cette période, au concret. Même si travailler à cheval sur une frontière est un enfer administratif... :D
 
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Réactions: stook
je me souviens de la manière dont la guerre du golf etait traitée
coté français c'etait:
images de civils bléssés, les vivres qui manquent, les horreurs de la guerre sur une un fond musical lancinant et lourd
coté bbc, les soldats anglais, des irakiens en liesse et les walkyires en fond :rolleyes:
coté américain je passe sous silence tellement c'etait ... bon enfin
 
Je lis ce fil avec intérêt car pour moi l'Europe c'est demain... :) cet été je quitte mes montagnes, direction Bruxelles. :love:

Sinon, ceci est un peu hors-sujet mais... avant de passer les 20 dernières années de ma vie en Suisse, j'ai vécu en Allemagne, à Malte, aux USA, en Amérique du Sud, mais aussi derrière le rideau de fer. Bon j'étais enfant, j'ai donc vécu ces déménagements successifs (en moyenne tous les 2-3 ans) très naturellement. Je pense que le fait de vivre à l'étranger ouvre singulièrement notre perspective sur le monde, comme naas l'a très bien fait remarquer. Changer de pays, vivre et travailler ailleurs, je le percevais comme quelque chose de normal, et cela ne me posait aucun problème, que ce soit d'adaptation, culturel ou psychologique.

Par contre, l'inverse est tout aussi vrai: à force de rester dans le même pays, on perd toute notion de l' "ailleurs" qu'on ne perçoit plus qu'en tant que but de vacances (et encore). A force de vivre dans un cocon, le goût du risque, du renouveau, s'estompe. On se prend à devenir prudent, trop prudent même (ou peut-être est-ce un effet secondaire de l'âge... :rolleyes: ).

Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire. Au bout de 20 ans de Suisse je me dis qu'il est temps de changer d'horizon(s). :D
 
De toute façon, le but final de l'Europe, c'est d'obtenir que travailler n'importe ou du sud de l'Espagne au nord de la Pologne, on ne travaille pas à l'étranger, non ?
 
Macounette a dit:
Par contre, l'inverse est tout aussi vrai: à force de rester dans le même pays, on perd toute notion de l' "ailleurs" qu'on ne perçoit plus qu'en tant que but de vacances (et encore). A force de vivre dans un cocon, le goût du risque, du renouveau, s'estompe. On se prend à devenir prudent, trop prudent même (ou peut-être est-ce un effet secondaire de l'âge... :rolleyes: ).


vrai , meme trop vrai , pour moi en tout cas !!! :(


je me rends compte que j'etouffe le coté "mon naturel italien"
je me suis forgé un coté alsacien plutot mefiant et "tout pour soi"..

je retrouve mon "moi" a bout de quelque jours la bas au lac d'iseo
mais de retour , des que j'ai franchi la frontiere française , plafff je redeviens plus posé
 
robertav a dit:
vrai , meme trop vrai , pour moi en tout cas !!! :(


je me rends compte que j'etouffe le coté "mon naturel italien"
je me suis forgé un coté alsacien plutot mefiant et "tout pour soi"..

je retrouve mon "moi" a bout de quelque jours la bas au lac d'iseo
mais de retour , des que j'ai franchi la frontiere française , plafff je redeviens plus posé

Ah ! Le lac d'Iseo, immortalisé par ... les mots croisés :D
 
Pascal 77 a dit:
Ah ! Le lac d'Iseo, immortalisé par ... les mots croisés :D

merci de s'en tenir le plus possible ;) à des interventions "apportant" au sujet
 
Je travail au Luxembourg depuis 8 ans. ( après une courte période en Suisse).
L'agréable au Luxembourg, c'est le nombre de nationalité représentée. :up:
Dans mon service, je bosse avec des français, un allemand, des luxembourgeois, un portugais, un espagnol, des belges, une roumaine, une italienne et une tunisienne. :up:
Dans d'autres département que je côtoie, il y a des néerlandais, des russes, etc, etc... :D
Bref un fameux bordel très enrichissant. :D
Bien entendu, cette diversité a ouvert mon esprit wallon.
Rien de tel qu'une soirée entre amis de différentes nationalités avec un débat "très constructif" :D du type:"c'est mieux chez nous" :D
(Difficile de battre les espagnoles et italiens que je connais à ce jeux :D )
 
Macounette a dit:
Je pense que le fait de vivre à l'étranger ouvre singulièrement notre perspective sur le monde, comme naas l'a très bien fait remarquer. Changer de pays, vivre et travailler ailleurs, je le percevais comme quelque chose de normal, et cela ne me posait aucun problème, que ce soit d'adaptation, culturel ou psychologique.
tiens un exemple, pour un italien la voiture, una machina, c'est quelque chose d'important, ce n'est pas seulement une voiture, c'est aussi un prolongement de soi, une manière de conduire un peu ... libre, vitesse, irrespect des règles, etc etc au contraire un hollandais va considerer la voiture comme un outil de transport d'un point A vers un point B, rares sont les excès de vitesse dans ce pays ou les autoroutes sont portant limitées à 110 kilomètres/heure, mais surtout le comprtement est plus policé.

On peux donc deduire que le mot voiture a des significations différentes suivants les pays, donc un bilingue aura comme conscience non pas que voiture = voiture mais il aura conscience que la voiture = un moyen de transport, en fait il discocie le mot de l'objet (pas sûr d'être bien clair sur le coup :D )
 
Foguenne a dit:
Rien de tel qu'une soirée entre amis de différentes nationalités avec un débat "très constructif" :D du type:"c'est mieux chez nous" :D
(Difficile de battre les espagnoles et italiens que je connais à ce jeux :D )

... Tempérament du sud oblige :D :D :D

Sinon ; plus sérieusement, il y a des fois ou je me demande si par "effet de mode politicien" (peut être le terme est-il maladroit et mal choisi) on ne cherche pas à pousser les gens à la mobilité. Quid de ceux qui ne se sentent pas prêts de part un tas de paramètres : Sociaux, culturels.... Mobilité pleinement voulue et consentie où plus ou moins imposée par des raisons purement professionnelles, économiques? Je suis d'une famille "mobile" (pour diverses raisons) sur 3 générations tant du côté paternel que maternel... Au final ; que de déracinements mal vécus, de départs mal assumés ou de retours tueurs d'illusions... Ce n'est que l'exemple que j'ai eu sous les yeux... Je souhaite simplement à ceux qui veulent aller voir et s'enrichir (Pas question de sous... :) ) ailleurs de pouvoir le faire en toute simplicité et idem à ceux qui souhaitent demeurer chez eux... Sans qu'aucune contigence politique, economique, professionnelle ou autre ne vienne s'en mêler
 
En ce qui me concerne, je bosse à Bruxelles pour P&G sur un campus regroupant plus de 2.300 personnes (European Technical Center) et environ 50 nationalités !!!
La langue de travail est l'anglais.
Ce qui me plaît le plus sur ce site, outre le fait que c'est l'un des plus beaux sites de P&G : la diversité dans toute sa splendeur ... des jeunes, des vieux, des nioubes, des hommes, des femmes, des blancs, des blacks, des beurs, des jaunes bref, Benetton puissance 1000 !!!:love:
Une ambiance de campus universitaire, des gens ultra sympas, cools à l'extrême, qui voyagent de façon permanente et qui ont une vision très "friendly" du monde qui les entoure !!!:up:
Un rêve pour tous ceux qui, comme moi, aiment la diversité mêlée d'une pointe de folklore, les contacts, les voyages quasi-permanents et les gens en général...:love:
 
Foguenne a dit:
....Bien entendu, cette diversité a ouvert mon esprit wallon.
et maintenant que tu es confronté par exemple à toutes ces différences, te trouve tu encore belge vivant en europe ou un européen né en belgique, par là je te (et me ) demande si une conscience européene émerge de tout cela :)
 
Des idées comme ça en vrac d’un nioubi;) :

Pour moi, le terme important et celui de « communauté ». L’homme est un animal grégaire qui vie en communauté, nationale en France et plus divers à l’étranger ou dans des milieux multiculturels en France. Je voyage seul, d’abord car les coins où je bosse ne sont pas conseillés aux familles, mais aussi car ma compagne et mère de mes enfants ne peu pas sortir de la ville où elle est née, a grandie et a ses racines. Sur place je recrée une communauté que j’essai diversifiée. Pas question de rester enfermé dans le réseau expat, même si nos ressemblances occidentales priment sur nos différences dans des sociétés aussi différentes des nôtres comme l’Afghanistan ou le Népal. L’artifice naît du fait que cette communauté a une durée de vie déterminée. A la fin de la mission je la quitte pour en recréer une autre ailleurs ou retrouver celle d’origine . Cela aide à créer des liens souvent superficiels parfois rapides et profond du fait de cette fin programmée. C’est l’une des conséquences de l’expatriation que je trouve formidable et parfois déstabilisante.

De plus, en vivant ainsi je perds le contacte avec ma société source alors qu’en même temps, que je le veuille où pas j’en suis un ambassadeur. Deux exemples me viennent en tête. Tout d’abord au Népal, entre les deux tours des élections présidentielles j’ai été regardé de travers dans ma communauté expatriée mais aussi par les Népalais pour le choix des Français fait au premier tours. En Iraq, au contraire, à tout les check-point je recevais plein de messages de gratitude pour M. Chirac et son choix de dire « non » aux Américains.

En ce qui concerne la couverture de la guerre, j’ai subi le paradoxe étrange de la vivre par la fenêtre et de la suivre à la TV. Bien sûre, aucune chaîne ne la couverte correctement, mais je crois aussi que cela allait beaucoup trop vite pour des journalistes enfermés au « Palestine » par la sécurité iraquienne. Les journalistes ont payé et paient encore cher la couverture de cette crise.

J’ai tellement envie de parler de cela que les idées se bousculent, dans le désordre:rose:.
 
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