Pour ce qui concerne particulièrement l'europe, on est à mon sens, plutôt que dans un climat de censure, dans une double tenaille imbécile.
On a d'une part toutes les affaires quasi quotidiennes de pression des industriels actionnaires ou partenaires d'actionnaires de groupes de presse, et de pression des politiques, sur le contenu de l'information, dans les séquences "d'information spectacle" des grands médias audiovisuels et dans une partie de la presse écrite.
Et puis on a là une autre illustration, celle des conséquences d'une situation imbécile et hautement dangereuse, qui résulte d'un long travail de diabolisation de l'Islam, qui serait LA religion dangereuse, qui en retour globalise l'occident non seulement comme la terre des mécréants, mais comme l'ennemi tangible et impérialiste.
On se retrouve alors dans ce délire où le recteur de la Mosquée de Paris (un vrai modéré honnète) fait le grand écart pour soutenir les protestations des caciques corrompus de l'Islam 'international", sunnite ou chiite, tout en tentant de rester dans la logique républicaine française. Et d'hommes politiques de tout bord incapables de rappeler les principes intangibles de nos démocraties.
On catalyse là une incapacité de nos gouvernants européens à comprendre le monde et à assumer un "modèle" dont ils sont par ailleurs si fiers lorsqu'il s'agit de le soumettre aux urnes de leurs propres peuples.
Tout ça sous fond de paralysie diplomatique consécutive à la victoire du Hamas en Palestine.
Pourtant, quand je vois le nombre de journaux européens qui ont publié ces caricatures dans leur édition d'hier ou d'aujourd'hui, je me dis que tout n'est néanmoins pas perdu.
Pour finir dans l'optimisme et la nuance, un extrait d'un journal jordanien, lu dans la Tribune de Genève d'aujourd'hui :
"Un hebdomadaire jordanien, "Shihane", a toutefois reproduit trois des caricatures controversées et appelé les musulmans à la "raison".
"Qu'est ce qui porte plus préjudice à l'islam, ces caricatures, un preneur d'otage, qui égorge sa victime devant les caméras, ou un kamikaze qui se fait exploser au milieu d'un mariage à Amman?" s'interroge le rédacteur en chef, Jihad Momani."
Vivement demain.
