L'histoire des caricatures danoises devraient mettre en avant une question importante: à qui sont destinées ces caricatures et quel est le contexte elles seront perçues? C'est un élément fondamental qui explique en partie le fossé qui se creuse, et des caricatures de cette nature, c'est du pain béni pour ceux qui veulent réduire les rapports entre nations et sociétés à des rapports religieux et conflictuels.
Pour les caricatures danoises, il se trouve que ça n'avait pas vocation à être internationalisé..les protestations dans le cadre national des extremistes musulmans danois ont fait un flop complet, car la liberté d'expression y est heureusement garantie...du coup, ils ont internationalisé les publications en les
sortant du contexte, en les déformant, en y ajoutant de fausses caricatures, et en plaidant leur cause dans des pays où la liberté tout court n'existe pas...bref...
Là, pour les dessins du Charlie, le cadre international est clairement posé, mais franchement, la critique du religieux est une chose qui visiblement est la moins partagée. Même en Europe, d'ailleurs.
Exporter de telles caricatures - qui ont vocation à véhiculer un message politique fondamental - suppose que les sociétés vers qui on les exporte soit à même d'en saisir le sens. Or, bien évidemment, ce n'est pas le cas...ce n'était pas le cas la semaine dernière, et ce n'était pas plus le cas hier matin.
Que Charlie Hebdo agite le bocal franco français ou européen dans lequel on voit effectivement de sérieuses régressions, avec des procès et des menaces à la clé, c'est salutaire, et nécessaire.
Mais bon, à destination d'autres pays, d'autres sociétés, il y a de quoi s'interroger et ça sera certainement contreproductif pour ceux qui essaient de faire évoluer les choses (lentement), de l'intérieur.