"Elle manque de punch, cette version" me dit Florent. "Et il a une voix pourri, ton Johnny Cash" ajoute Sonia. Les bras m'en tombent. Voilà ce que me dit ce couple d'amis, pourtant ouvert aux musiques différentes, à l'écoute d'une reprise de Depeche Mode (Sonia est fan) par Johnny Cash. Merde alors !
Non, mais là, vraiment, je m'insurge, on ne peut pas dire ça ! Faire ces reproches à Johnny Cash, parrain de l'Americana et légende vivante, trompe-la-mort patenté, non, on ne peut pas !
D'abord, on ne peut pas reprocher à Johnny Cash, plus de 70 piges au compteur, de manquer de punch. Ce type est un vétéran, qui a vécu bien des excès et frôlé par deux ou trois fois la mort ; aujourd'hui, il est alerte, et c'est déjà pas mal pour un type qu'on a cru condamné par parkinson ou alzheimer (je sais plus lequel, peut-être les deux). D'ailleurs, cette version de Personal Jesus, à défaut de "punch", ne manque pas d'intensité, ni de force, certainement pas ! (crédit spécial à John "Red Hot" Frusciante, guitariste invité)
Quant à la voix, cette voix de revenant... Pourrie ?! Pour moi, non ! Pourquoi ? Pour le vécu de ce type, je crois, un type qui à toujours fait une country loin des clichés et de la redneck-attitude, qui se tient toujours debout alors que 10 générations de p'tits jeunes ont passé, le temps d'une carrière bien remplie (des hauts très haut et des bas très bas), alors cette voix d'outre-tombe, autant dire qu'elle colle vraiment bien à ce personnage toujours vêtu en noir, gothique comme l'Amérique sudiste, folle furieuse, un flingue à la main droite, une bible dans la gauche.
Bon, j'ai ré-essayé avec la reprise de Nine-Inch Nails par le même Johnny Cash (Sonia est aussi fan de NIN) z'ont l'ai de plus apprécier...
Bon, en même temps, vous devez vous en foutre, mais fallait que ça sorte.