Il était deux fois, sur arte.tv
La bande annonce m'avait titillé (mais on sait que les bandes annonces sont là pour ça - quelques fois même, le seul intérêt du film est dans la bande annonce).
Ton commentaire m'a décidé.
J'ai un avis légèrement différent.
L’omniprésence de la musique, on est d'accord (d'autant qu'assez souvent elle est à contre temps - je rentre dans ma chambre pour me pieuter, vlan, musique dramatique).
L'originalité de la situation, d'accord. Perte de mémoire de la protagoniste principale sur les dernières douze années de sa vie, ok.
Malaise et jouissance à la fois de la voir évoluer dans un monde familier qui a, lui, 12 ans d'avance, et de passif, par rapport à elle. On est au même point qu'elle, on veut savoir ce qui a changé et comment.
Sa fille ayant disparu, elle sait peut-être des trucs mais ne les sait plus. On veut savoir.
Mais là on navigue de chausses-trappes en fausses pistes. On élude facilement les fausses pistes. Un dialogue avec trois phrases échangées et la messe est dite. C'est une fausse piste parce que...c'est une fausse piste, passons à autre chose.
On n'hésite pas sur les facilités de scénario et on s'invente des trucs.
On tient une piste avec la disparition d'un stock de kétamine confisquée à un dealer. Le tueur utilise de la kétamine pour rendre ses victimes dociles.
On retrouve le voleur, c'est pas le tueur. Non lui il a volé la kétamine pour supporter ses douleurs physiques. Et comment qu'il s'administre sa kétamine ? Avec sa cigarette électronique, en la fumant (c'est le moment à ma gamine a poussé de hauts cris "Jamais de la vie la kétamine ne peut calmer des douleurs en étant inhalée" - quelques recherches sur le net semblent donner raison à la gamine - je vous épargne le couplet où il est probable que la kétamine ainsi inhalée ait des effets contradictoires et/ou toxiques).
Un point crucial de l'histoire est révélé grâce à la "boite noire" (c'est le terme employé à plusieurs reprises) d'une voiture. Ouais, comme les avions. Ben là, des boites noires il y en a aussi dans les voitures. Et vous ne savez pas le plus beau. Dans cette voiture en particulier, la boite noire a un défaut. On n'arrive jamais à régler l'heure, il y a toujours un décalage d'une heure. Mais alors, mais alors, punaise, mais alors, mais c'est bien sûr. Ça expliquerait... Alors là, ça me troue le cul.
Les révélations finales ? Bon là c'est pas sorcier. On a soupçonné tout le monde, tout le monde a été disculpé. N'en reste plus qu'un, celui qu'on ne soupçonnait pas (si c'est pas lui, non plus, l'assassin c'est la merde, mais heureusement c'est lui).
Et il y a le "ah ben tiens, mais bien sûr, tout va bien alors, putain ils ont pas osé, si ils l'ont fait, les rustres". Mais de ça je n'en parlerai pas. Ce serait du spoiler ultime. Je n'ose même pas y penser.
Bon, au moins il y a un bon jeu d'accord.
Ah ben non.
Les acteurs sont assez mauvais dans l'ensemble. Pour certains avec régularité (pas une seule scène où ils relèvent leur niveau).
Je tire cependant mon chapeau à celui qui joue le rôle de Paul (me souviens pas son nom et j'ai la flemme de chercher).
Il n'est pas toujours brillant mais il est terriblement attachant, attendrissant voir même des fois.
Alors pourquoi je me le suis cogné jusqu'au bout, me demanderez-vous ?
Parce que malgré tout j'avais envie de connaitre l'assassin.
Parce qu'à un moment tu finis par te dire "nan, je me suis pas tapé tout ça pour rien, je suis allé trop loin, tant pis, je finis"
Parce qu'avec ma gamine on a passé notre temps à se dire "nan, mais nan".
Et parce que Paul.