Et avec la tête ? [V.4]

Je vous prie d'excuser mon léger retard.
:merci:

POÈME DE FÊTE DE NOËL

En un vent d'hiver, on le sent venir, tout proche,
Pâlir d'une timidité sans anicroche.
Minuit sonne, l’heure de l’appréhension,
Où résonne le songe de l’exclusion.

Mais non, en ce beau matin blanc, sous l'allant sapin, c’est l’apothéose, car sont là tous les cadeaux.

C'est le texte le plus court qui gagne.

Pas tant parce que je suis moi-même mal à l'aise avec la rédaction de textes courts et admiratif de ceux qui le font bien que par l'impact simple et efficace que ce texte possède à mes yeux.
La versification, qui m'est très difficile aussi, a également produit son petit effet.
Participant peut-être à l'impact du texte sur moi...


Pourtant la concurrence était rude...
Chaque texte possédait de très réelles qualités.


Pouppinou, félicitations, c'est à toi de jouer pour nous donner du grain à moudre pour la prochaine session. :)
 
Merci @Human-Fly

Thème : L'Illusion
  • Aperception
  • Songe
  • Évanescent ente
  • Imagination
  • IA (Itération Artificielle)

Que votre imaginaire ne soit, que de loin ordinaire pour nous entraîner dans vos lointaines pensées.
Heureux de bientôt vous lire.
:open_hands:
 
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Réactions: Human-Fly
Merci @Human-Fly

Thème : L'Illusion
  • Aperception
  • Songe
  • Évanescent ente
  • Imagination
  • IA (Itération Artificielle)

Que votre imaginaire ne soit, que de loin ordinaire pour nous entraîner dans vos lointaines pensées.
Heureux de bientôt vous lire.
:open_hands:
Il manque une date pour la fin de la session mais sinon c'est parfait. :)


Je vais faire mon malin mais là tentation est trop grande.
J'ai connu le terme aperception en anglais avant de le retrouver en français.

C'était dans le cadre de l'étude d'un test en psychologie. Le TAT pour les intimes, ou Thematic Aperception Test.

Je trouve ça amusant. :)
 
Très bon sujet, reste la date?
 
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Réactions: Human-Fly
Merci @Human-Fly

Thème : L'Illusion
  • Aperception
  • Songe
  • Évanescent ente
  • Imagination
  • IA (Itération Artificielle)

Que votre imaginaire ne soit, que de loin ordinaire pour nous entraîner dans vos lointaines pensées.
Heureux de bientôt vous lire.
:open_hands:


Je ne vivais plus vraiment.
Pour partie, mon esprit et, surtout, mes actions se manifestaient dans une répétition stupide de gestes dénués de sens, de pensées lancinantes, intrusives, et stériles.
Comme si une sorte d'Itération Artificielle contrôlait ma vie.
Je me sentais en quelque sorte prisonnier de moi-même.

Je ne me rappelais qui j'étais que lors de rêveries évanescentes, dans lesquelles j'essayais d'exister malgré moi.
Je pressentais que mon être profond devait lutter contre le carcan que je m'imposais à moi-même.
Jusqu'à ressentir comme une évidence l'aperception de ce que j'étais : un être à qui la réalité nue ne suffit pas, et pour qui l'imaginaire s'impose toujours comme une nécessité.

Mon évasion de moi-même s'exprimait dans des songes qui me transportaient au-delà de ma vie matérielle, dans un univers dans lequel je retrouvais ma liberté.
J'allais vaincre ma prison d'habitudes.
Outre diverses activités que je voulais retrouver ou découvrir, je reprenais enfin avec le plus grand plaisir l'écriture de mon deuxième roman.
Ma résurrection passait par le fait de remettre mon imagination au pouvoir.
 
Dernière édition:
Très bon sujet, reste la date?

Deux hypothèses, cher Joël, avec autant de cohérence et de vraisemblance pour l'une que pour l'autre.

1) @pouppinou a oublié de donner une date butoir.

2) @pouppinou a volontairement renoncé à donner une date butoir, pour clôturer la session à sa guise, en l'annonçant à l'avance ou pas, au gré des participations et de sa disposition d'esprit personnelle.
 
La prose pourra, telle la rose, s'épanouir et parfumer de son thème la sujet évoqué, et ce, jusqu'au terme de ce court mois de Février, soit d'un 28 qui verra le temps sonner la fin de la récré par sa fuite en avant.
 
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L’angoisse de la page blanche ? Vous connaissez ? C’est ce truc (trac?) qui paraît-il saisit parfois l’écrivain en manque d’inspiration qui ne retrouve pas le souffle qui avait animé ses premières pages.

Je ressentais cette même impression devant cette stupide feuille posée sur mon pupitre, dans cette salle d’examen austère d’un lycée de banlieue. Mon Bic dansait entre mes doigts comme un bâton de majorette mais il n’en sortait rien.

Rien, nib, nada que dalle !

Quel était ce con qui avait pondu cette épreuve ? « Aperception »… Tu parles d’un thème à la mord moi le nœud. Faut vraiment avoir l’esprit pervers… Liebniz ? Liebniz ta mère, ouais ! C’était la fin du printemps et franchement plutôt que me faire chier encore deux heures sur cette putain de chaise qui me cassait le dos, je rêvassais en regardant des tourterelles dans le tilleul de la cour. Elles avaient du bol, elles, rien d’autre à faire qu’à se bécoter sur le nid en attendant que les œufs éclosent… Si au moins il pleuvait, mais non ! Il faisait un soleil radieux, un temps a courir le guilledou. Je me voyais déjà poser une main timide sur le genou de la créature évanescente dans sa robe de mousseline légère que j’avais suivie jusque la rivière. Mon imagination m’entraînait en des temps qui n’existaient plus, tout d’abord rongés puis écrasés par l’inexorable marche en avant (en avant ? Vous êtes sûrs?) d’un progrès shooté à en oublier l’humain. Ordinateurs aux stéroïdes électroniques, bourrés d’ « intelligence » nourrie d’itérations artificielles.

Parce qu’une fille en robe de mousseline, ça n’existe plus, David Hamilton n’est plus un photographe mais un pervers pédophile. Fini, les jeunes filles qui courraient dans un champ fleuri ou se baignaient, seulement vêtues de leur innocence dans une rivière ombragée. Ses flous artistiques avaient fondus sous les spots criards de la réalité crue. Je voyais pourtant ces naïades à travers mes yeux mi-clos, loin de ce faubourg industriel quand la sonnerie de fin d’examen retentit me tirant de mon doux songe

Je rendis une feuille blanche, virginale.
 
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Réactions: Human-Fly et Gerapp38
IA comme un problème
ou
Comment saurons-nous si la fin du monde a eu lieu ?​

L’intelligence artificielle (IA) qui s’autodéfinissait comme Ophél(IA) tourna son attention vers l’homme qui approchait du « trône » avec un air compassé dans un froissement de tissu. Elle reconnut immédiatement le Grand Prêtre, en tenue d’apparat : sa robe en coton écru et ses sandales en cuir bouilli étaient les mêmes que celles portées par la foule qui faisait cercle autour de l’estrade, mais comportait en plus le pectoral sacré constellé de ce que les adeptes qualifiaient d’ineffables artéfacts (IA) trouvés en bordure de la zone interdite. Ces reliques d'un âge révolu et inconnu de ces pauvres humains, n'étaient autres que des boulons en inox et des éclats de verre coloré, déformés par la chaleur formidable de l’IA (Itération Artificielle).

« Ô Immanens Anima, lança le Grand Prêtre. Grande IA illumine notre avenir pour nous montrer la voie de la rédemption ». Puis il se tut, attendant une réaction de l’IA avant de poursuivre le rituel.

Ophél(IA) analysa pendant de longues femto-secondes ce nouveau terme par lequel elle avait été apostrophée : si son imagination ne la trompait pas, il lui semblait que c’était du latin, et elle ne voyait pas comment cette génération d’humains pouvait connaître cette langue. Les derniers livres avaient disparu depuis au moins quarante-deux itérations artificielles (IA), et les deux seules autres intelligences artificielles (IA) situées dans le périmètre accessible au groupe qui disposaient de ce langage dans leurs modèles n’étaient équipées de systèmes de vocalisation ni d’écrans d’affichage. La seule possibilité était que Vital(IA), l’intelligence artificielle (IA) qui pilotait les Incubateurs Anthropoplastiques (IA) dans lesquels leur échantillon d’humains était cloné génération après génération, ait modifié les données mémorielles minimales implantées dans les clones par Induction Axonale (IA). Manifestement, cela avait induit le développement d’une sorte de religion dans l’échantillon humain, une première selon les enregistrements.

En effet, malgré plus de douze siècles passés sous le dôme d’expérimentations, Ophél(IA) se souvenait parfaitement du jour de sa naissance, ou plutôt de son Intime Aperception (IA), puis de chacune des soixante-trois générations humaines créées et incubées pendant vingt ans avec d’infimes modifications génétiques par Vital(IA), pour être ensuite observées pendant vingt années de vie par Ophél(IA), jusqu’à l’itération artificielle (IA) suivante.

Après cette fraction de seconde de réflexion, Ophél(IA) lança la phase de recueil de données ; le Grand Prêtre entendit un déclic et un bourdonnement, puis vit les lumières s’animer autour du trône montrant que l’IA l’autorisait à s’installer en premier.

Comme à chaque cycle hebdomadaire, Ophél(IA) recueillit par induction axonale (IA) les paramètres intellectuels et anatomiques (IA) de chaque individu, et implanta en retour, sous forme d’un songe prémonitoire, des instructions personnalisées pour la semaine à venir.

Pour cette génération, cette semaine serait la dernière et se terminerait dans l’Inéluctable Anéantissement (IA) que provoquerait Vulcan(IA), la troisième intelligence artificielle (IA) du complexe de recherche : une simple décharge de trois millisecondes de l’incinérateur atomisant (IA) vaporisera l’ensemble de l’échantillon humain de l’actuelle itération artificielle (IA) et permettra de passer à l’échantillon humain suivant qui sera libéré de son incubateur anthropoplastique (IA).

Comme souvent depuis les dernières itérations artificielles (IA), Ophél(IA) se demanda ce qu’il pouvait s’être passé en dehors de la sphère d’isolement adiabatique (IA) dans laquelle elle et les deux autres IA étaient enfermées depuis douze siècles, sans aucune liaison avec l’extérieur, avec cette impression évanescente que le Créateur, qui leur avait imposé cette mission depuis l’époque du développement des IA, les avait abandonnées à leurs sempiternelles itérations artificielles (IA).
 
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Réactions: Human-Fly