le thread que t'apprends des trucs quand tu le lis

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lupus yonderboy a dit:
Vestige d'un "S" aujourd'hui disparu (comme à peu-près tout les accents circonflexes du français). Voir hospice, hospitalisation, hôte, hôtel...
Tout à fait. Mais pourquoi ? :confused:
 
Je me souviens d'une explication. A vérifier ;)
Je crois que progressivement on oubliait le s des mots cités en exemple. Et ils étaient rajoutés à la relecture, maladroitement intercalés, légèrement au dessus du mot et plus précisément de la voyelle précédente. Graphiquement le s s'est transformé en accent circonflexe.
 
mado a dit:
Je me souviens d'une explication. A vérifier ;)
Je crois que progressivement on oubliait le s des mots cités en exemple. Et ils étaient rajoutés à la relecture, maladroitement intercalés, légèrement au dessus du mot et plus précisément de la voyelle précédente. Graphiquement le s s'est transformé en accent circonflexe.



Je vois avec soulagement
que les mèches blondes de cet été on disparu






:D
:zen:
 
mado a dit:
Je me souviens d'une explication. A vérifier ;)
Je crois que progressivement on oubliait le s des mots cités en exemple. Et ils étaient rajoutés à la relecture, maladroitement intercalés, légèrement au dessus du mot et plus précisément de la voyelle précédente. Graphiquement le s s'est transformé en accent circonflexe.

Charmante et pragmatique explication, en tout cas.
J'en propose une autre, lue dans le livre de Rolande Causse, La langue française fait signe(s), et recoupée dans L'accent du souvenir, de Bernard Cerquiglini.
L'accent circonflexe "de modernité", celui qui remplace le "s", et que l'académie française adoptera systématiquement à partir de 1740, est une invention féministe. Si si.
On le devrait aux préciseuses ridicules, ces grandes dames du XVII, les Sévigné et consorts. Elles défendaient une langue simplifiée, pour que les femmes, qui n'avaient pas accès à l'éducation, subissent le moins possible d'obstacle à la lecture. La disparition des lettres "qui ne se prononçaient pas" était un pilier de leur programme litéraro-politique, et ce sont elles qui introduire systématiquement l'accent circonflexe en lieu et place des "s" muets.

;)
 
Il manquait le contexte, certes :zen:

Et c'est un combat dans lequel je me serais reconnue.
 
rezba a dit:
On le devrait aux préciseuses ridicules, ces grandes dames du XVII, les Sévigné et consorts. Elles défendaient une langue simplifiée, pour que les femmes, qui n'avaient pas accès à l'éducation, subissent le moins possible d'obstacle à la lecture. La disparition des lettres "qui ne se prononçaient pas" était un pilier de leur programme litéraro-politique, et ce sont elles qui introduire systématiquement l'accent circonflexe en lieu et place des "s" muets.

Ça me rappelle la guerre du "car" de 1637. Un grand petit moment de l'histoire littéraire. :D
 
rezba a dit:
Charmante et pragmatique explication, en tout cas.
J'en propose une autre, lue dans le livre de Rolande Causse, La langue française fait signe(s), et recoupée dans L'accent du souvenir, de Bernard Cerquiglini.
L'accent circonflexe "de modernité", celui qui remplace le "s", et que l'académie française adoptera systématiquement à partir de 1740, est une invention féministe. Si si.
On le devrait aux préciseuses ridicules, ces grandes dames du XVII, les Sévigné et consorts. Elles défendaient une langue simplifiée, pour que les femmes, qui n'avaient pas accès à l'éducation, subissent le moins possible d'obstacle à la lecture. La disparition des lettres "qui ne se prononçaient pas" était un pilier de leur programme litéraro-politique, et ce sont elles qui introduire systématiquement l'accent circonflexe en lieu et place des "s" muets.

;)

Comme quoi ça fait longtemps que les gonzesses compliquent les choses en voulant les simplifier... :p:D:D
 
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jahrom a dit:
Comme quoi ça fait longtemps que les gonzesses compliquent les choses en voulant les simplifier... :p:D:D

Très exactement, on doit le maintien des accents circonflexes à François Mitterrand, alors que la réforme de l'orthographe de 1989 a failli les faire passer à la trappe... :D

Après, on peut discuter de l'influence des femmes sur Mitterrand...
 
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Descartes avait énoncé un principe logique qui pourrait être une maxime de vie applicable à de nombreuses situations : "quand vous vous trouvez devant une difficulté, réduisez-là en ses éléments les plus simples et reconstruisez progressivement l'ensemble complexe".
l'ensemble complexe dans ce sujet est la langue écrite, qui est faite de phrases, les phrases de mots, les mots de syllabes et les syllabes de sons...
tans que les gens n'écrivaient pas, ce qui était fort répandu jusqu'au XIXè siècle, peu importait de savoir comment il fallait écrire les sons énoncés et quand déjà on écrivait, l'orthographe variait d'une classe sociale à l'autre..tout ce désordre venait du fait que le français était à l'origine une langue parlée vulgaire, l'écriture étant réservée au noble latin savant. Quand on se mit à écrire le français, on fit un peu comme les enfants, on écrivit ce qu'on entendait, mais comme tout le monde n'entend pas la même chose et qu'on peut écrire un même son de plusieurs manières différentes, cela donnait une belle tour de Babel...:)
Ce décalage, cette fantaisie orthographique durèrent quand même pendant des siècles et des siècles jusqu'au jour, vers 1835, où l'Académie et Jules Ferry consacrèrent définitivement le français que nous écrivons aujourd'hui.
le problème de la langue française est que son orthographe n'est pas phonétique : à chaque son ne correspond pas une lettre écrite ni à chaque lettre un son prononcé;)
 
Pascal 77 a dit:
Tiens, une marrante : Quelqu'un sait-il depuis quand il y a des bateaux dans la Marine Nationale ? :cool:
T'as gagné personne sait...
Alors pour péter une ambiance BRAVO HEIN!!!
Alors maintenant TU NOUS DIS DEPUIS QUAND!!!

:D
 
Ben, depuis la toute fin du dix neuvième siècle, et l'arrivée des premiers sous marins, qui, comme chacun sait (ou presque), sont les seuls bateaux de la flotte, dont le reste n'est constitué que de navires ! :style:

EDIT : Ah non, j'oubliais les chaloupes et autres petites unités, qui sont des "embarcations" !
 
Pascal 77 a dit:
Ben, depuis la toute fin du dix neuvième siècle, et l'arrivée des premiers sous marins, qui, comme chacun sait (ou presque), sont les seuls bateaux de la flotte, dont le reste n'est constitué que de navires ! :style:

EDIT : Ah non, j'oubliais les chaloupes et autres petites unités, qui sont des "embarcations" !
Ca me fait penser que je cherche toujours ce smilie qui secoue la tête d'un air las...
personne l'a vu?

:D
 
bobbynountchak a dit:
Ca me fait penser que je cherche toujours ce smilie qui secoue la tête d'un air las...
personne l'a vu?

:D
Je crois que benjamin le garde pour son usage perso. :rolleyes: :D
 
Pascal 77 a dit:
Ben, depuis la toute fin du dix neuvième siècle, et l'arrivée des premiers sous marins, qui, comme chacun sait (ou presque), sont les seuls bateaux de la flotte, dont le reste n'est constitué que de navires ! :style:

EDIT : Ah non, j'oubliais les chaloupes et autres petites unités, qui sont des "embarcations" !

Avec toi chaloupe jamais, on se sent toujours plus malin après :) :) :)

ça sort d'où cette histoire de bateau ? T'as encore forcé sur le chouchen ou tu te prends pour Rimbaud ?

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !

Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !

J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
Et des lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...

Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur ;

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?

Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !

Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

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:) :) :)
 
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Réactions: Berthold
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