Les villes de grande solitude.......

nato kino a dit:
J'ai l'impression d'avoir plombé l'ambiance là ?!
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j'ai pas eu le temps de te le dire
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t'as pas un truc plus drôle ?
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Si vous voulez rire, rions donc avec notre ami BUSH :

"18 000 morts par an causés par les accidents domestiques. Bush envisage de classer la friteuse de Saddam Hussein comme arme de destruction massive."
(merci Charlie)

Aucun rapport effectivement, sauf que cela détend l'atmosphère.....
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nato kino a dit:
Pas besoin de te trouver dans une ville ou une rue passagère pour espérer de l'aide si tu tombes raide sur le trottoir, malheureusement !!
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Un de mes oncles est décédé à deux rues de chez lui, à Paris... Sur le trottoir... Attaque foudroyante... Les passants ont attendu le lendemain soir pour vérifier si c'était pas un clodo qui roupillait...!!
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.....
 
Personnellement, ça m'ai arrivé pendant un mois sur Lyon, ville dans laquelle je ne connaissais personne.
Puis, j'ai habité un mois à l'auberge de jeunesse du vieux Lyon, et là, c'en était fini de la solitude. Super ambiance! Pour pas trop cher. Bien sur, ce n'est pas hyper luxueux, mais ce fut vraiment hypra sympatique. Pour la facilité de rencontrer tous les gens de passage et pour oublier la solitude, ya pas mieux.

Je vais également en auberge de jeunesse pendant mes vacances aux sport d'hiver à Noel ou à Pacques et je dois reconnaitre que j'ai toujours passé des vacances excellentes.
 
thebiglebowsky a dit:
Qu'importe l'heure, il faut que je trouve un endroit ou il y a du monde et toutes les excuses sont bonnes pour au moins discuter avec quelqu'un et me sortir de cet état de léthargie déprimante qui me saute dessus

Les soirs où l'avenir est bien moins beau qu'un 11.43 tout neuf qui ne demande qu'à s'exprimer. Passer les heures n'importe comment, du moment qu'elles passent et la certitude de ne pas être au bon endroit au bon moment, ou pour une mauvaise raison. Fixer un dessus de lit froissé et les enveloppes à en-tête exotiques sur le bureau de la chambre d'hôtel. Même le "dehors", si différent de l'habitude ne donne pas le vertige. Les bruits de pas dans le couloir qui font esperer, un moteur Diesel qui ronronne un moment sous la fenêtre et qui fait battre le coeur, en vain.

Des draps qui ne sentent rien, sauf le tabac froid. Même pas l'envie d'y glisser une pute pour passer le temps. Juste envie de parler, pas d'entendre gémir en fonction du tarif négocié. Mais pas de parler de n'importe quoi: parler de choses passées, connues pour se prouver que ce que l'on vit est bien arrivé, et s'entendre répondre que oui, elles sont bien réelles, toutes ces choses. En tout cas pour l'instant. Envie d'aimer quelqu'un, physiquement, pour se reposer, enfin dormir.

N'as tu jamais senti la planète glisser sous toi? L'impression qu'elle tourne et que tu restes immobile, seul élément fixé sur du rien alors que le reste file sous tes semelles? Et pourtant tout est présent: les bruits, les odeurs, la poussière et tous les détails qui indiquent qu'une vie est passée par là. La fenêtre qui s'ouvre sur l'exterieur et les dizaines de milliers de kilomètres, les dizaines d'années, les traces sur la peau et les souvenirs qui cognent dans la poitrine. Les absents, et leurs regards qui te fixent un soir de pluie dans un bar, très loin d'ici, ou dans une cour de lycée. Les absentes. Ou plutôt l'absente, car il n'y a que la dernière qui compte, effacant (presque) completement tous les souvenirs horizontaux précédents: celui là était vertical, il m'a fait monter très haut. On le croit, en ressentant à nouveau l'odeur de son cou, le goût de son sexe encore sur la langue, l'étrange sensation de la pénétration, quand tout se passe là, que l'on n'est plus qu'un mouvement. C'était si bien de sentir sa peau sous les doigts qu'on a pensé que ca ne se terminerait jamais, on y a tellement cru, tellement fort. A en oublier les lois basiques de la balistique: il y a toujours une fin de course, un moment ou l'impulsion s'arrête et on retombe fatalement. Rarement sur ses pieds, et toujours en se faisant mal. On se retrouve toujours un jour seul. c'est presque aussi douloureux que de se rendre compte que le prénom de certaines s'est évanoui. Comment peut-on oublier ce que l'on a désiré si fort? Comment peut-on séparer ce nom tant dit de l'image de ces yeux qui se ferment juste avant, avant qu'une tête ne nous retombe sur la poitrine, brouillant le champ de vision d'un quadrillage chevelu?

Ce doit être bon de croire en quelque chose -ou quelqu'un- de supérieur, et de se dire que tout peut à nouveau se rejouer. Reprendre la partie mais tricher, connaître les cartes des autres, ou en tout cas savoir si l'on doit abatre son jeu ou pas. Qui est là pour apprendre les règles? Y a t-il un moment où on sait que l'on a gagné? Marre de se lever de la table en se disant que l'on perd à chaque fois, fatiguant de jongler en permanence avec l'inutile.

Combien de mains serrées dans une vie, combien de regards échangés qui étaient plus que des glissades, les choix sont-ils toujours les bons?

On peut être n'importe où. Ce qui tue, c'est le temps passé et les occasions manquées. L'occasion manquée, plutôt. Car il y en a toujours une. Si tu penses, tu n'y coupe pas. On ne peut pas réfléchir et être heureux, c'est totalement incompatible, car être heureux, c'est justement ne penser à rien.
 
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Réactions: rezba
Quelle belle prose!
On se demande quel est le vécu derrière ce texte...

Il s'agit d'un vécu commum à beaucoup de personnes trainant sur ces forums.

Les choix passés sont-ils bons? Influenceront-ils nos choix futurs? Le futur peut-il être aussi bien, voire mieux? En se posant ces questions, évidemment, on court à sa propre perte. Se dire qu'il faut apprécier aujourd'hui et pas dans quelques temps est évidemment l'attitude pour se conserver.

Lorsque l'on arrive à vivre et à apprécier, je pense qu'on a gagné, mais l'erreur que nous faisons souvent est de croire que la partie est arrêté. Quelquefois, un élément que l'on intègre avec le plus grand plaisir nous fait courrir à notre perte.
Plus tard, on s'apperçoit, mais trop tard, qu'on ne peut plus apprécier, qu'on ne sait plus apprécier. Après, écroulement total, il faut rebatir tout l'édifice que l'on avait construit sans s'en rendre compte quelques temps auparavent.

"En anglais ne dit-on pas :
When the need is the highest salvation is near by !" c'est quelqu'un de ces forums qui m'a écrit ça il y a quelques temps, je crois que c'est vrai.


Une jolie fleur dans une peau de vache, une jolie vache déguisée en fleur...

 
Ben dis moi ... tout ceci laisse perplexe ... je ne nie pas ces maux et je ne sais s'il y a des remèdes...

Je connais une bonne adresse où le rhum est prescrit sur ordonnance, les thérapeutes assez sympa...

On en ressort pas en ayant toutes les réponses (s'il y en a !!) mais les quelques heures passées parraissent plus douces...
On pense avoir refait le monde l'espace d'un instant, on se trompe surement...
Une seule chose est sûre, j'y cultive écoute et affection et ma solitude n'y parait plus !

une Biz pour toi, dad the big !!
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Wouaww.

Bravo Amok.
Ton texte me fait penser au dernier livre que je viens de terminer, "Le dernier vol de Lancaster" formidable premier roman de Sylvain Estibal chez Actes Sud).
Il y a quelques citations sympas dedans.

"Je croyais jadis ne pas t'aimer,
Quand on est revenu me disant que tu es mort là-bas.
Je suis montée sur la colline où sera mon tombeau,
J'ai ramassé des pierres, enseveli mon coeur."

Chant touareg.
 
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Si c'était pour moi seul, je n'aurais pas peur d'être insuffisant. Je me contenterais bien de mon souffle. Je supporte parfaitement l'ignorance, et ma tête, tant qu'elle est sa seule partenaire, s'amuse et se comprend très bien. Je ne me serais pas souhaité autre, s'il n'y avait eu que moi. Je ne suis même pas sûr qu'il y aurait eu un deuxième homme si j'avais été le premier.

Philippe Léotard.
 
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Je vous dit: "Adieu"
Comme on dit: "Salut"
Comme on dit: "Ca va"
Parce que ca n'a pas d'importance...
Comme on dit: "Laissez moi en paix dans la tempête"
Comme dirait Pouchkine.

Les chiens de-ci de-là
Se donnent un dernier coup de narine
Se frottent
On ne sait jamais
essaient de comprendre sans les yeux...
Pisser, pas pleurer!

L'homme passé vous fait
Un adieu aigre-doux
Ce n'était pas mauvais
De mal vivre avec vous.

Je nous souviens rêvant tous deux
De mimosas, mers
Demi-mots amers.


PL
 
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Réactions: LeConcombreMaske
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La pluie. Elle a commencé quelques dizaines de kilomètres avant que le béton ne couvre le paysage. Plusieurs jours dans le nord, sans pratiquement âme qui vive, m'avaient fait oublier l'odeur de la ville. D'un seul coup, tant de corps en mouvement...

Le temps de trouver un hôtel, de glisser dans l'ascenseur et de se retrouver au dix-huitième étage d'une flèche. Toujours cette pluie, et la buée sur la fenêtre qui brouille la vision du dehors. Envie de repartir, tout de suite, alors que la nuit tombe sur la rumeur en bas.

Le bar de l'hôtel, si semblable aux autres. Pourquoi se ressemblent-ils tous? L'écran géant dans un coin, les lumières en demi-teinte, et le barman, clone international. Deuxième double scotch, et par la baie vitrée la pluie, toujours, qui griffe l'horizon.

Peu à peu la ville s'illumine. Le skydome de la tour CN semble flotter dans le vide. je repense à l'épicerie perdue dans la forêt et au chat noir et blanc couché sur la caisse enregistreuse, au crissement de mes pas dans la neige du côté d'Oxtongue lake, aux deux soeurs septuagénaires qui tiennent une boutique où l'on trouve des courroies et des bougies pour moteur accrochées à côté du grill sur lequel grésillent les hamburgers.

Je repense à ce chalet perché sur Tiger hill, très loin, à l'autre bout de la planète, où j'avais découvert au petit matin que j'étais au juste milieu de la Chine, du Tibet, de l'Inde, du Bhoutan, bien au dessus des nuages. ce jour-là, je n'avais pas sorti le boîtier du sac. Ces moments là m'appartiennent, et je ne veux pas les partager. Les photos de voyage ne sont là que pour capter les moments de solitude stérile. Je suis le seul à pouvoir à nouveau par la pensée me replonger dans cet instant précis, sentir le vent qui glisse sur la montagne, voir le soleil se lever sur l'Everest, et percevoir le monde qui s'éveille. Égoïstement je veux le garder, et l'ajouter à tous les autres que j'ai vécu seul, et qui partiront avec moi.

Je regarde les femmes aux cheveux blancs qui sirotent leur Martini. Comment leur expliquer que pendant quelques secondes je viens de parcourir des milliers de miles? Sur la table un journal annonce la mort d'une célébrité locale. Demain, je vais repartir, traquer le fantôme de Marilyn qui plane sur les chutes du Niagara. Demain.

A travers la vitre, je fais une photo. Toronto sous la pluie.