Katrina : le gouvernement Bush tente de faire taire les critiques
LEMONDE.FR | 04.09.05 | 16h25 ? Mis à jour le 04.09.05 | 16h35
Le gouvernement du président américain George W. Bush a lancé une campagne de communication tous azimuts dimanche 4 septembre pour contrer les critiques de plus en plus virulentes contre sa gestion des conséquences du cyclone Katrina.
La secrétaire d'Etat Condoleezza Rice et le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld étaient attendus sur le terrain, sur les côtes du Golfe du Mexique, pour répondre aux nombreuses questions suscitées par les scènes de chaos ayant suivi le passage du cyclone.
De son côté, le secrétaire pour la Sécurité nationale Michael Chertoff, dont le département est en première ligne, devait répondre aux questions de plusieurs émissions télévisées dominicales.
Sous le feu des critiques pour leur manque d'anticipation et la lenteur des secours, les responsables américains tentent de convaincre le public qu'ils ne pouvaient prédire un tel désastre.
Katrina a frappé durement lundi la Louisiane, puis le Mississippi et dans une moindre mesure l'Alabama, trois Etats du sud. Les pluies diluviennes qui ont suivi, ont entraîné une montée des eaux et la rupture mardi d'une digue qui a inondé 80% de La Nouvelle-Orléans.
Selon un sénateur républicain, David Vitter, le cyclone et les inondations ont peut-être fait en Louisiane "plus de 10.000 morts".
"C'est comme si une bombe atomique avait été larguée sur La Nouvelle-Orléans", a dit M. Chertoff.
TROP LONGUE ATTENTE
Mais les responsables locaux ne pardonnent pas à M. Bush d'avoir attendu mercredi pour écourter ses vacances, deux jours après le passage de Katrina, et d'avoir tardé à dépêcher l'armée et des secours.
Un sondage du Washington Post et de la chaîne ABC publié dimanche montre une nation divisée quant à la gestion de cette crise, avec 47% d'insatisfaits et 46% d'opinions favorables. :shock:
Plus d'une personne interrogée sur deux (51%) a estimé que la réaction des autorités fédérales a été insuffisante ou mauvaise, tandis que 48% l'ont jugée excellente ou bonne. Les deux-tiers ont estimé que Washington aurait pu être mieux préparé.
Katrina tombe mal pour le président, dont la popularité était déjà au plus bas dans les sondages et qui doit répondre à une opposition croissante à sa politique en Irak. Le président a admis, fait rare, que la réponse initiale n'était "pas acceptable".
UNE COMMISSION D'ENQUÊTE SUR L'ACTION DE L'ADMINISTRATION
Mercredi, une première audition est prévue au Sénat dans le cadre d'une commission d'enquête sur l'action de l'administration avant et après Katrina.
Des questions brûlantes se posent : pourquoi les autorités fédérales semblent avoir été si peu préparées face un ouragan dont la puissance était connue 48 heures à l'avance ? Pourquoi l'administration a-t-elle échoué lors de ce premier grand test sécuritaire depuis les attentats du 11 septembre 2001 ? Bush a a tenté d'intensifier la réponse de l'administration ces derniers jours. Vendredi, le Sénat a approuvé une enveloppe de 10,5 milliards de dollars d'aide, et le lendemain le président a annoncé l'envoi de 7.000 soldats dans les zones affectées, ce qui portera le nombre de militaires déployés dans la région à 50.000.
Alors que la plupart des sinistrés sont pauvres et noirs, Bush a appelé à la rescousse la seule noire de son gouvernement, Condoleezza Rice, pour faire taire les critiques l'accusant de discrimination.
La secrétaire d'Etat a récusé toute accusation de racisme dans l'action du gouvernement, et devait se rendre dimanche dans son Etat d'origine, l'Alabama, pour constater les dégâts.
Donald Rumsfeld de son côté devait faire une tournée d'évaluation en Louisiane et au Mississippi avec le général Richard Myers, chef d'état-major interarmées.
Bush retournera sur le terrain lundi, après avoir survolé la région mercredi et visité des zones sinistrées vendredi.