Irais-je un jour à la Nouvelle-Orléans ?

Statut
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rezba a dit:
Comment peut-on être suffisament con pour ne pas entretenir correctement les digues qui protègent une ville située à la fois sous le niveau de la mer, et sous le niveau d'un lac géant tout proche ?

Tiens, j'avais pas vu cette question ! La réponse est : Facilement. Je ne suis pas sur pour là bas, mais ici, on a eu le cas récemment en Camargue, mais le problème, c'est que ces bons messieurs de l'état, de la région, du département, voire même de l'arrondissement et du canton, ont tous la même réaction : le pognon qu'on met dans les digues ne pourra pas servir à (cocher la ou les case(s) correspondante(s) :

- Financer notre prochaine campagne électorale (le plus important, ça !)
- Installer la clim dans nos bureaux
- Payer le loyer de nos modestes appartements à 1500 ¤/mois
- Payer le traiteur de nos modestes agapes (chefs d'état étrangers, banquets républicains, déjeuners "de travail", etc ...)
- Remplir les réservoirs des avions du GLAM
- Renouveler notre parc automobile, si vieux (à la "culture", ils en ont même une qui va bientôt avoir six semaines, presque 1500 Km au compteur, vous vous rendez compte, on ne peux pas rouler dans une telle épave!).
- Approvisionner nos comptes en Suisse, aux Caïmans, au Liechenstein, etc ...
- Construire un pont au dessus du canal de l'Ourq 10 m à côté du précédent, à un endroit où il n'est pas possible de faire passer une route (il est même pas utilisable comme passerelle piétonnière)
- Financer la démolition du pont susdit.
- Etc ... Etc ... Etc ...

Comme tu peux le voir, cher Rezba, il y a des tas de moyens d'être assez con pour ne pas entretenir les digues (et autres équipements importants) chez nous, en France, et mon petit doigt me dit qu'outre Atlantique, la situation n'est pas si différente :D
 
bobbynountchak a dit:
avoue quand même que les ricains ont poussé un système à son paroxysme...
si t'es dans la merde, on t'appuie sur la tête, alors que si t'as de l'argent, t'as plein de facilités pour en gagner encore plus, ou pour qu'on te tende des mains secourables...

Tu as remarqué que sur ce sujet on est à leurs trousses...

Si tout le monde copie c'est que c'est un bon système non ? :D
 
Quand on parle du loup...

ettre ouverte au président des États-Unis - M. Bush, les vacances sont terminées!
Michael Moore
Cinéaste et documentaliste

Édition du samedi 3 et du dimanche 4 septembre 2005

Le Devoir publie aujourd'hui une lettre de Michael Moore adressée au président des États-Unis. Cette lettre a été rendue publique hier sur le site Internet du cinéaste.




Cher M. Bush,

Pas la moindre idée de l'endroit où sont passés tous nos hélicoptères ? C'est le cinquième jour depuis le déferlement de Katrina et des milliers de gens, en attendant les secours aériens, demeurent captifs de La Nouvelle-Orléans. À quel endroit de la planète avez-vous donc envoyé nos hélicoptères militaires ? Avez-vous besoin d'aide pour les retrouver ? J'ai un jour égaré ma voiture dans un stationnement de Sears. Oh ! ce ne fut pas facile !

Savez-vous aussi où sont passés tous nos soldats de la Garde nationale ? Nous en aurions vraiment besoin aujourd'hui pour accomplir le type précis de mission pour lequel ils se sont enrôlés : porter secours lors de catastrophes naturelles nationales. Comment se fait-il qu'ils n'étaient là dès le début des événements ?

Mercredi de la semaine dernière, je me trouvais dans le sud de la Floride. J'étais assis dehors lorsque l'oeil de l'ouragan Katrina est passé au-dessus de ma tête. À ce moment, c'était seulement un ouragan de force 1, mais c'était déjà une assez salle affaire. Onze personnes sont mortes et des foyers sont encore sans électricité aujourd'hui. Ce soir-là, la météo a indiqué que cet ouragan se dirigeait droit sur La Nouvelle-Orléans. C'était il y a dix jours ! Personne ne vous l'a dit ?



Je sais bien que vous ne vouliez pas interrompre vos vacances. Et je sais aussi à quel point vous n'aimez pas les mauvaises nouvelles. En plus, vous aviez des bailleurs de fonds à rencontrer et des mères éplorées de soldats morts à ignorer, voire à diffamer.




J'apprécie particulièrement comment, le lendemain de l'ouragan, plutôt que de vous envoler vers la Louisiane, vous vous êtes rendu à San Diego afin de faire la fête avec vos copains du monde des affaires. Ne laissez pas les gens vous critiquer pour ça : après tout, l'ouragan était terminé, et que diable auriez-vous pu faire ? Mettre votre doigt dans une digue percée ?



N'écoutez pas ceux qui, au cours des prochains jours, révéleront comment vous avez officiellement réduit, cet été même et pour une troisième année consécutive, les budgets des corps de génie de l'armée américaine en Louisiane. Répondrez-leur tout simplement que même si vous n'aviez pas coupé les budgets des ingénieurs de l'armée, aucun ingénieur militaire n'aurait de toute façon été disponible pour réparer les digues puisque vous aviez pour eux des projets de construction beaucoup plus importants : construire la démocratie en Irak !

Le troisième jour, lorsque vous avez finalement quitté votre lieu de vacances, je dois vous dire que j'ai été ému de voir comment vous avez poussé votre pilote d'Air Force One à descendre sous les nuages, au-dessus de La Nouvelle-Orléans, afin que vous puissiez avoir un aperçu rapide du désastre. Ah ! Je savais bien que vous ne pouviez pas vous arrêter, puis attraper un porte-voix, grimper sur un tas de décombres et agir alors comme un vrai commandant en chef. Vous l'aviez déjà fait, alors inutile de le refaire !

Il y aura aussi ceux qui essaieront de politiser cette tragédie et ceux qui essaieront même de la retourner contre vous. Donnez instruction à vos services de souligner ces tactiques déloyales. Et ne répondez à rien. Même pas à ces satanés scientifiques qui ont prédit que cela arriverait parce que l'eau du golfe du Mexique se réchauffe sans cesse et qu'une tempête de ce genre devient alors inévitable. Ignorez-les, de même que toutes leurs alertes de poules mouillées à propos du réchauffement climatique. Après tout, il n'y a rien d'extraordinaire dans un ouragan qui s'avère si étendu qu'il correspond en fait à une tornade de force 4 qui s'étirerait entre New York et Cleveland.

Non, M. Bush, maintenez seulement le cap. Ce n'est pas votre faute si 30 % de la population de La Nouvelle-Orléans vit dans la pauvreté et que des dizaines de milliers de personnes n'avaient aucun moyen de transport pour quitter la ville. Ce sont des Noirs, après tout ! Ce n'est pas comme si une telle chose était arrivée à Kennebunkport. Pouvez-vous imaginez des Blancs laissés sur le toit de leur maison pendant cinq jours ? Ne me faites pas rire ! La couleur de la peau n'a rien, mais absolument rien à voir avec tout ça !

Vous avez la situation bien en main, M. Bush. Essayez seulement de trouver quelques hélicoptères de l'armée et dépêchez-les là-bas. Il vous suffira de prétendre que les habitants de La Nouvelle-Orléans et que le golfe du Mexique sont situés près de Tikrit.

Traduit de l'américain par Jean-François Nadeau
 
Bush en accusation
LE MONDE | 03.09.05 | 13h19 ? Mis à jour le 03.09.05 | 13h19

Il aura fallu quatre jours après le passage du cyclone Katrina pour que George W. Bush prenne conscience de l'ampleur de la catastrophe qui frappe le sud des Etats-Unis. Visitant enfin la région, vendredi 2 septembre, le président a eu une phrase qui en dit long sur son impuissance : "C'est pire que ce qu'on pouvait imaginer."

Les Américains et avec eux le monde entier découvrent sur leurs écrans de télévision des villes dévastées, des réfugiés hagards et souvent livrés à eux-mêmes, des bandes pillant les magasins, des gangs armés se disputant les dépouilles, des cadavres jonchant encore les rues, des plates-formes pétrolières encastrées sous des ponts...

Le nombre des victimes est impossible à évaluer mais se chiffrera sans doute par milliers. Un sénateur de la région parle même de 10 000morts.

Les images venues de Louisiane rappellent le tsunami qui a frappé l'Asie du Sud-Est en décembre 2004. On avait peine à imaginer que le même spectacle de destruction et de désolation, la même tragédie humaine, pouvait advenir dans un pays développé, a fortiori dans le plus puissant du monde.

Or justement, à cette occasion, l'Amérique découvre ou redécouvre qu'elle abrite le tiers-monde en son sein. Comme toujours, cette catastrophe naturelle a aussi des causes humaines et politiques.

Dans ce Sud américain où es divisions et les tensions raciales restent encore très vives, les Noirs et les plus pauvres * bien souvent les mêmes personnes * sont les premières victimes de l'ouragan et des inondations qui ont suivi. Ce sont eux qui vivaient dans les zones les plus exposées et qui n'ont pas pu fuir à temps, faute de moyens.

Ce sont eux qui, aujourd'hui, sont confrontés à la détresse la plus profonde, qui ont le plus besoin de secours immédiats et qui, les premiers, subiront les conséquences de ce que le New York Times appelle justement "l'effondrement total de toute société organisée".

Car c'est une autre leçon de cette tragédie américaine : "l'hyperpuissance", comme disait un ancien ministre français des affaires étrangères, malgré son potentiel économique et militaire qu'elle est parfois prompte à déployer à l'extérieur, est incapable de faire face à une catastrophe intérieure de cette dimension.

Les structures de l'Etat sont inadaptées, les services de secours insuffisants, le maintien de l'ordre mal organisé... Des études officielles avaient, en vain, attiré l'attention sur la fragilité des digues qui protégeaient La Nouvelle-Orléans.

Alors que George W. Bush battait déjà depuis quelques semaines des records d'impopularité pour un président en début de second mandat, le débat commence à monter aux Etats-Unis : est-il bien raisonnable de dépenser des centaines de millions de dollars pour guerroyer en Irak quand l'Amérique est incapable de protéger ses propres citoyens ?

De la réponse à cette question dépendra la politique américaine dans les prochains mois. Katrina pourrait marquer dans l'histoire une rupture comparable au 11 septembre 2001.
[/quote]
 
jaipatoukompri a dit:
Quand on parle du loup...

ce goret qu'est Moore est aussi stupide et ignare que notre guy carlier. Les US n'aurait pas d'helicoptere en nombre sur leur propre sol ?

Ce type est d'une bétise abyssale et ceux qui le quotent encore plus.
 
BofBofBof a dit:
ce goret qu'est Moore est aussi stupide et ignare que notre guy carlier. Les US n'aurait pas d'helicoptere en nombre sur leur propre sol ?

Ce type est d'une bétise abyssale et ceux qui le quotent encore plus.

J'ai dit : ta gueule !
 
"Nouveau et alors" revient avec son pseudo "Bofbofbof" pour obliger Finn a fermer le fil. Belle performance. :rolleyes:
 
rezba a dit:
"Nouveau et alors" revient avec son pseudo "Bofbofbof" pour obliger Finn a fermer le fil. Belle performance. :rolleyes:

Ah, j'aime mieux ça. J'ai beau comprendre la nécessité d'agir (et avec fermeté), je n'aime pas beaucoup les punitions collectives. ;)
 
DocEvil a dit:
Ah, j'aime mieux ça. J'ai beau comprendre la nécessité d'agir (et avec fermeté), je n'aime pas beaucoup les punitions collectives. ;)


C'était une mise en quarantaine temporaire pour éviter les surenchères et la propagation ;)
Le sujet reprend naturellement son cours :)
 
la remarque de rezba est pas si évidente, vous en france, nous en suisse et partout ailleurs on a les même problèmes : y a des lois, des règlements de sécurité et on passe dessus si on veut se faire une barraque. dans mon job je vous dis pas combien de fois on m'a rapporté qu'on vous suggère de fermer votre gueule, pas que du côté politique ou économique, mais aussi chez les clients. pasque c'est moins cher, simplement. cette digue, elle aurait tenu encore 50 ans sans catherine. et des trucs comme ça il y en a plein chez vous. plein. plein plein plein. et, au final, c'est nous les cons.
 
supermoquette a dit:
la remarque de rezba est pas si évidente, vous en france, nous en suisse et partout ailleurs on a les même problèmes : y a des lois, des règlements de sécurité et on passe dessus si on veut se faire une barraque. dans mon job je vous dis pas combien de fois on m'a rapporté qu'on vous suggère de fermer votre gueule, pas que du côté politique ou économique, mais aussi chez les clients. pasque c'est moins cher, simplement. cette digue, elle aurait tenu encore 50 ans sans catherine. et des trucs comme ça il y en a plein chez vous. plein. plein plein plein. et, au final, c'est nous les cons.

tu parles des constructions en zones critiques par rapport à certains risques? oui, il y en plein en France, ça c'est sûr, et en particulier dans le sud du pays. C'est un phénomène de toutes façons général, car il n'existe aucun moyen légal de raser une propriété privée lorsque elle a déjà été construite.
Il n'en reste pas moins vrai que les zones critiques (à définition donnée..ex: périmètre atteint par une crue centennale) évoluent dans le temps, en particulier celles liées aux inondations, car si on modifie une donnée du système (vitesse d'écoulement en amont), ça change tout le résultat
 
tout à fait mais, ça continue, c'est ça le problème. et faut voir la réticence de la population quand une zone est étudiée pour être mise dans le rouge.
 
supermoquette a dit:
tout à fait mais, ça continue, c'est ça le problème. et faut voir la réticence de la population quand une zone est étudiée pour être mise dans le rouge.

oui, et c'est assez logique, car malheureusement, tu ne peux difficilement convaincre les personnes concernées que leur maison est située dans une zone à risque en cas de crue centenale (ils retiendront que ça arrive tous les cent ans, :D du coup ils s'en fouteront) et classer leur maison dans de telles zones fait chuter la valeur immobilière...

enfin, cela concerne des catastrophes ou des calamités qui sont plus récurrentes que le cas de la nouvelle orléans (remarque, c'est ouragan était-il particulièrement puissant?)
 
C'est pas hors charte le copié collé des articles du monde, sinon j'arrête, moi je l'ai lu sur un autre forum, la pratique me dérange pas donc voilà (concernant le hors charte, c'est pas du tout un pic, je demande c'est tout, je dis ça pour ceux qui liraient en diagonale ;) :D ) :

Katrina : le gouvernement Bush tente de faire taire les critiques
LEMONDE.FR | 04.09.05 | 16h25 ? Mis à jour le 04.09.05 | 16h35


Le gouvernement du président américain George W. Bush a lancé une campagne de communication tous azimuts dimanche 4 septembre pour contrer les critiques de plus en plus virulentes contre sa gestion des conséquences du cyclone Katrina.

La secrétaire d'Etat Condoleezza Rice et le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld étaient attendus sur le terrain, sur les côtes du Golfe du Mexique, pour répondre aux nombreuses questions suscitées par les scènes de chaos ayant suivi le passage du cyclone.

De son côté, le secrétaire pour la Sécurité nationale Michael Chertoff, dont le département est en première ligne, devait répondre aux questions de plusieurs émissions télévisées dominicales.

Sous le feu des critiques pour leur manque d'anticipation et la lenteur des secours, les responsables américains tentent de convaincre le public qu'ils ne pouvaient prédire un tel désastre.

Katrina a frappé durement lundi la Louisiane, puis le Mississippi et dans une moindre mesure l'Alabama, trois Etats du sud. Les pluies diluviennes qui ont suivi, ont entraîné une montée des eaux et la rupture mardi d'une digue qui a inondé 80% de La Nouvelle-Orléans. Selon un sénateur républicain, David Vitter, le cyclone et les inondations ont peut-être fait en Louisiane "plus de 10.000 morts".
"C'est comme si une bombe atomique avait été larguée sur La Nouvelle-Orléans", a dit M. Chertoff.

TROP LONGUE ATTENTE

Mais les responsables locaux ne pardonnent pas à M. Bush d'avoir attendu mercredi pour écourter ses vacances, deux jours après le passage de Katrina, et d'avoir tardé à dépêcher l'armée et des secours.

Un sondage du Washington Post et de la chaîne ABC publié dimanche montre une nation divisée quant à la gestion de cette crise, avec 47% d'insatisfaits et 46% d'opinions favorables. :shock:

Plus d'une personne interrogée sur deux (51%) a estimé que la réaction des autorités fédérales a été insuffisante ou mauvaise, tandis que 48% l'ont jugée excellente ou bonne. Les deux-tiers ont estimé que Washington aurait pu être mieux préparé.

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Katrina tombe mal pour le président, dont la popularité était déjà au plus bas dans les sondages et qui doit répondre à une opposition croissante à sa politique en Irak. Le président a admis, fait rare, que la réponse initiale n'était "pas acceptable".

UNE COMMISSION D'ENQUÊTE SUR L'ACTION DE L'ADMINISTRATION

Mercredi, une première audition est prévue au Sénat dans le cadre d'une commission d'enquête sur l'action de l'administration avant et après Katrina.

Des questions brûlantes se posent : pourquoi les autorités fédérales semblent avoir été si peu préparées face un ouragan dont la puissance était connue 48 heures à l'avance ? Pourquoi l'administration a-t-elle échoué lors de ce premier grand test sécuritaire depuis les attentats du 11 septembre 2001 ? Bush a a tenté d'intensifier la réponse de l'administration ces derniers jours. Vendredi, le Sénat a approuvé une enveloppe de 10,5 milliards de dollars d'aide, et le lendemain le président a annoncé l'envoi de 7.000 soldats dans les zones affectées, ce qui portera le nombre de militaires déployés dans la région à 50.000.


Alors que la plupart des sinistrés sont pauvres et noirs, Bush a appelé à la rescousse la seule noire de son gouvernement, Condoleezza Rice, pour faire taire les critiques l'accusant de discrimination.


La secrétaire d'Etat a récusé toute accusation de racisme dans l'action du gouvernement, et devait se rendre dimanche dans son Etat d'origine, l'Alabama, pour constater les dégâts.

Donald Rumsfeld de son côté devait faire une tournée d'évaluation en Louisiane et au Mississippi avec le général Richard Myers, chef d'état-major interarmées.

Bush retournera sur le terrain lundi, après avoir survolé la région mercredi et visité des zones sinistrées vendredi.


C'est nous les cons... ça c'est certain aussi.
 
Statut
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